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| Envoyé par Paca le 07 Février 2010 à 15:21
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Sur les sites boursiers, nombreux (majoritaires) sont les traders qui utilisent l’Analyse Technique.
Une grande partie de celle-ci est basée sur l’hypothèse que des évènements passés qui ont conduit à un mouvement donné avec une certaine régularité, ont des chances de produire les mêmes effets dans le futur avec une probabilité calculable.
Cette notion de probabilité de résultat est un apport fondamental. C’est ce qui conduit l’opérateur à prendre des décisions d’investissement en tenant compte d’un risque et non plus dans l’incertitude.
Le repérage des évènements passé se fait soit en identifiant des séquences de mouvements de prix, et alors on parlera de figures (ou patterns), ou soit en utilisant des indicateurs qui ne sont que la représentation différente des prix sous le prisme d’une formule mathématique.
Nota : je ne parle ici que de prix, mais les mêmes principes sont utilisables avec d’autres informations disponibles comme les volumes par exemple.
Ce qu’il y a de remarquable avec l’Analyse Technique est le fait que la recherche de ces évènements permet de lisser les problématiques de contexte dans lequel ces événements sont apparus.
Cela se fait du fait que les tests se font sur de grandes périodes où sont représentés normalement tous les contextes possibles.
Il est bien entendu que le résultat, du fait de ce lissage, est bien moins bon que si la notion de contexte avait été intégrée.
D’autre part, ce n’est pas parce que des évènements se sont produits avec une certaine régularité ou fréquence dans le passé, que ce sera la même chose dans le futur.
Ceci est évident ne serait ce que du fait de l’évolution des pratiques des opérateurs, des évolutions technologiques ou réglementaires ayant une influence forte sur les Marchés financiers.
Enfin, l’Analyse Technique est certes un atout important si et seulement si son utilisateur comprend exactement la portée et les théories sous jacentes des indicateurs développés.
Cela veut dire également qu’un opérateur utilisant des fonctions ou indicateurs non maîtrisés ou dont le fonctionnement est inconnu (c’est le cas des boîtes noires) ne peut pas être en mesure d’apprécier le risque et en est réduit à la notion d’incertitude dont le premier inconvénient est la non rationalité des décisions d’investissement qui en découlent.
Si un trader se veut être rationnel dans ses décisions d’investissement, il ne doit jamais utiliser de système ou d’indicateur dont il ne comprend pas parfaitement les tenants et aboutissements…ce qui exclue évidemment les boîtes noires.
Bien, pas la peine de s’étendre plus longuement, le graal des traders a peu de chance de résider uniquement dans l’Analyse Technique.
Pour résumer : l’Analyse Technique est bien utile mais très largement imparfaite.
Aussi, l’Analyse Technique devrait elle être employée en complément d’autres approches et notamment de l’Analyse Fondamentale.
L’Analyse Fondamentale est d’ailleurs la base du trading rationnel comme l’indique clairement la suite de ce post.
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| Envoyé par Paca le 07 Février 2010 à 15:23
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Le texte fondateur du trading moderne est l’Hypothèse d’Efficience des Marchés (HEM), qui pourrait être résumé comme suit :
« A l’intérieur d’un Marché suffisamment large, où l’information se répand instantanément, les opérateurs réagissent correctement et quasi immédiatement aux informations, s’ils ont la capacité cognitive de les interpréter correctement. Ainsi, les cours correspondent toujours au juste prix et évoluent selon une progression aléatoire liée aux surprises apportées par chaque nouvelle information. »
En tenant l’HEM pour vraie, il s’en suit que les cours contiennent l’ensemble des interactions liées aux conditions économiques conduisant à la formation des prix.
L’Analyse Fondamentale reste la base pour la compréhension de chaque nouvelle information et ses conséquences sur le comportement des opérateurs (lesquels, in fine forment les prix).
Il n’y a donc pas lieu d’opposer, comme cela se voit en grande majorité, un peu partout, Analyse Technique et Analyse Fondamentale.
Ce sont les deux faces de la même pièce.
Nombreux sont ceux qui font l’impasse sur l’Analyse fondamentale et se restreignent volontairement à l’Analyse Technique.
Ceci est regrettable.
En prenant l’HEM au sens strict, il faut attendre la sortie de chaque nouvelle information pour pouvoir déduire, grâce à l’Analyse Fondamentale, la variation correspondante attendue sur le prix du Marché.
Vous commencez sans doute à subodorer l’impasse dans laquelle nous conduit la phrase précédente.
Elle indique que soit l’HEM n’est pas complètement vraie ou bien que les opérateurs n’attendent pas la sortie de chaque information.
En fait nous savons maintenant que les deux sont vrais.
Les opérateurs tentent en permanence d’anticiper les mouvements futurs des prix et l’HEM n’est pas complètement vraie pour les raisons suivantes :
La remise en cause de la globalité de l’HEM est venue du fait que des situations particulières comme la création de Bulles ou les Krachs boursiers n’étaient pas explicables selon la définition stricte donnée.
Dès lors, de nouvelles techniques et théories ont été développées sous l’appellation de Finance Comportementale (FC) ou encore neuro-économie.
La FC s’oppose à l’HEM du fait des travers de comportement des opérateurs. Ces derniers ne sont pas entièrement rationnels pour de nombreuses raisons que nous allons voir ci après.
Mais avant cela, nous noterons que la FC est scindée en deux branches principales :
La première est micro, centrée sur les comportements individuels (ou de petits groupes) et utilise surtout la psychologie sociale comme outil de décryptage.
La seconde est macro et utilise les outils de l’Analyse Quantitative des Marchés.
La FC montre que des erreurs cognitives et émotionnelles individuelles et collectives faussent la formation des prix.
Cependant, sur le très long terme, les excès générés par ces travers sont lissés et les prix reviennent en phase avec l’économie, au sens de l’HEM.
Voici quelques uns de ces travers de comportements :
- Biais cognitifs (mauvaise compréhension, ignorance),
- Mémoire et habitudes mentales (erreurs heuristiques),
- Biais émotionnels (peur, envie, admiration, répulsion, fierté, plaisir, souffrance),
- Mimétisme (individuel ou collectif),
- Prophéties autoréalisatrices (un conseil dit à ses clients d’acheter un produit, les clients achètent, les cours montent de ce fait, et le conseil est alors renforcé dans sa pertinence),
- Rationalité limitée (voir les travaux de Kahneman, Von Neumann et Morgenstern)
Tout ceci nous complique encore un peu plus la tâche.
Non seulement nous devons décrypter chaque nouvelle information pour en saisir la portée économique, mais aussi en déduire le comportement des acteurs au travers du prisme de leurs travers.
John Forbes Nash dit que l’inertie et la recherche d’intérêt sont les deux principaux moteurs des agents en économie.
Ce phénomène d’inertie permet de comprendre que dans un espace de temps donné et mémorisable, les opérateurs utilisent chaque information de façon indépendante mais aussi globalement en faisant la somme des impacts des différentes informations présentes.
Une nouvelle information n’aura pas la même portée en fonction de l’état du Marché au moment précis de sa sortie.
Il est donc important d’avoir une image globale de la situation du Marché (Big Picture en excès ou en phase avec l’économie) mais aussi la liste des sujets qui vont bien ou qui vont mal avec un classement par ordre d’importance dans l’esprit de la majorité des opérateurs.
On peut comparer le Marché à un opérateur vivant qui possèderait les mêmes qualité et défauts. Ainsi, il est possible de dire que le Marché, en tant qu’entité à une mémoire limitée tant en terme de quantité d’information qu’il surveille mais aussi sur la durée de rétention de ces informations.
Le temps qui passe est d’ailleurs une source d’information utile au trading, mais superbement ignorée par la grande majorité des opérateurs.
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| Envoyé par Paca le 07 Février 2010 à 15:24
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Si l’accès instantané aux informations a longtemps été un problème pour les opérateurs, ceci a bien changé et nous nous trouvons maintenant dans la situation inverse où les informations sont pléthoriques (tout au moins pour de nombreux produits financiers).
Une des difficultés est de savoir choisir parmi le flot des informations celles qui ont une importance ou non.
Bien sur, nous sélectionnons toutes les informations qui peuvent avoir un impact direct sur le produit financier tradé, dans le pays concerné.
Mais il faut aussi tenir compte de l’influence que peuvent avoir des informations globales en provenance d’autres blocs économiques ou d’autres secteurs économiques corrélés.
En effet, nul pays ne peut se targuer de posséder une économie indépendante des autres.
Ceci est d’autant plus vrai que l’économie est de plus en plus mondiale. Les échanges et les investissements ne connaissent pas de frontières.
On peut en déduire, qu’en terme de facilité d’appréhension d’un Marché, il est souhaitable d’en choisir un dont les influences externes sont les plus faibles possibles.
Ce qui me conduit à dire que trader des produits financiers Américains est le choix qui engendrera le moins de travail, mais aussi le moins de risque inattendu.
Mais quel que soit votre choix de produit financier pour votre trading, vous vous devez de le connaître parfaitement ainsi que tous les évènements qui peuvent en influencer le prix.
Si on revient à la définition de l’HEM, nous pouvons lire que l’évolution du Marché se fait au gré des surprises qu’apportent chaque nouvelle information.
Certaines de ces informations sont inattendues mais beaucoup sont attendues.
De ce fait, les informations attendues font l’objet de spéculation et aboutissent à des consensus connus à l’avance.
Suivant la notoriété du consensus (prophéties autoréalisatrices et/ou réel sérieux de l’emetteur), les informations attendues font l’objet d’une intégration dans le Marché par les opérateurs avant même la confirmation.
Hormis la réputation du panel qui émet le consensus (qui est souvent le résultat médian de l’ensemble de la population d’analystes constituant le panel), la variabilité des réponses joue également un rôle important.
En effet pour un même consensus médian, un spectre large de réponses montrera le doute concernant l’information concernée.
Et, s’il y a doute, alors l’intégration en amont sera faite dans une moindre proportion en avance sur l’information.
C’est pourquoi certaines fois on peut lire que telle ou telle information a déjà été pricée par le Marché.
Le Marché est de ce fait toujours plus ou moins en avance sur l’économie et son flot d’informations.
Il est dit que la Finance Comportementale s’oppose à l’Hypothèse d’Efficience des Marchés.
Pour moi cela n’a aucun sens.
Les deux sont complémentaires.
Ce qu’apporte la finance comportementale ce sont de nouvelles possibilités de trading par la chasse aux anomalies du Marché.
C’est ainsi que le trading contrarien trouve ses lettres de noblesse, en opposition avec le schéma admis classiquement de trading suivant la tendance.
Après tout cela, pensez vous encore que trader uniquement avec quelques rudiments d’Analyse Technique, sur des produits financiers complexes et sans connaissances particulières en économie fait de vous des investisseurs rationnels ?
Vous avez le droit de le penser.
Cependant l’humoriste Laspales vous répondrait : « Il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes. »
Et je ne vous parle même pas du money management, pourtant destiné à protéger votre Capital.
En effet pour pouvoir espérer gagner en trading, il faut commencer par rester dans le jeu.
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