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| Envoyé par Paca le 07 Juin 2008 à 01:47
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En ces temps où les Marchés présentent des incertitudes fortes, tous les excès deviennent vite réalité.
Pour illustrer ce thème, je vais reprendre l'analyse de la journée de Vendredi 6 juin 2008 sur les Marchés US.
C'est le dernier jour d'une semaine qui a vu de très bonnes choses : dépenses de construction, indicateurs ISM services et manufacturing, commandes industrielles, inscriptions au chomage, ventes dans les chaines de magasins...
Toutes les infos sont meilleures qu'attendues et démontrent la résilience de l'économie US mais aussi que les politiques de la FED et du Trésor sont en adéquation pour permettre une croissance modérée tout en maintenant la stabilité des prix.
Le point d'orgue de la semaine a été le jeudi 5 juin qui a vu les indices reflèter ces bonnes nouvelles.
Vendredi commencait en pré-market avec un maintien des niveaux atteints la veille...et ce malgré l'imminence des chiffres de l'emploi aux US.
Ces chiffres sont toujours très attendus. Emploi = consommation = croissance.
Rappelons ces chiffres :
Création d'emplois : Les US ont détruits 49000 emplois en Mai.
Les analystes attendaient 60000 destructions.
Ce premier chiffre est donc meilleur que prévu.
Création d'emplois dans le manufacturing : Les US ont détruits 26000 emplois dans ce secteur en Mai.
Les analystes attendaient 40000 destructions.
Ce deuxième chiffre est donc meilleur que prévu.
Taux de chomage : Le taux de chomage s'établit à 5.5% en Mai.
Les analystes attendaient un taux de chomage à 5.1%
Ce troisième chiffre est donc pire que prévu.
Sans analyse approfondie, les spéculateurs, comme à leur habitude, sont partis à la baisse.
Pour couronner le tout...un analyste de chez Morgan Stanley a transmis à ce moment une information pour le moins agravante :
Il annonce simplement qu'il voit bien les cours du pétrole à 150$ sous un mois.
Il n'y a rien de nouveau dans ce type de déclaration.
La même chose a déjà été dite par de nombreux intervenants et jusqu'à 200$ même depuis plusieurs semaines.
Sauf que l'on sait maintenant qu'au dessus de 120$, le prix du pétrole implique une baisse de la consommation de pétrole... partout dans le monde.
Je dis partout car les pays émergents ne peuvent continuer à subventionner la distribution interne. Cela a été vu dans plusieurs de ces pays récemment.
Alors que vient faire cette déclaration, à ce moment précis.
Tentative de distorsion des cours ?
Cet analyste conserve la présomption d'innocence. Même si l'innocence est certainement la vertu la plus rare que l'on puisse trouver dans le monde financier.
Quoi qu'il en soit, le pétrole est parti en flèche vers le haut...ajoutant encore aux craintes de récession soulevées par les spéculateurs.
Dans ce contexte particulier, les investisseurs n'ont jamais pu rétablir les choses (si besoin en était).
Au fait... elle est là la véritable question :
La baisse vraiment importante de ce jour était elle justifiée ?
Vous vous doutez que ma réponse personnelle est non. Maintenant je vais vous dire pourquoi et vous pourrez vous faire votre propre idée.
Le catalyseur de la baisse est le taux de chomage qui est passé en 1 mois de temps de 5.0% à 5.5%.
Comment est-ce possible d'avoir un tel décalage avec la prévisions des analystes de 5.1%, tenant compte pourtant de 60000 destructions d'emplois ?
Vous êtes vous posé la question ?
C'est là que commence l'enquête...S'en suit lecture et analyse de tous les chiffres dispos.
Tout d'abord, chaque année, une résurgence du chomage apparaît à cette période de l'année.
On pourrait appeler cela une variation saisonnière. Elle est due à tous ces étudiants qui finissent leur année scolaire et se retrouvent sur le Marché du travail.
Cette année cette variation est plus forte que les années précédentes car l'économie US a largement ralenti. Les places et petits boulots sont bien plus difficiles à trouver.
Et voila...elle est là, notre explication.
C'est un phénomène unique dans l'année qui a été pris comme une dégradation permanente de la situation de l'économie US.
Entendons nous bien...je ne dis pas que les choses vont bien. Et surtout sur le plan de l'emploi, les prévisions de licenciements sont bien réelles.
Mais je maintiens que l'économie US va mieux qu'il y a quelques semaines.
Et en ce qui concerne la journée de Vendredi...la baisse de plus de 400 points du Dow Jones est parfaitement injustifiée.
Elle est due aux émotions : Greed and Fear ont toujours été les moteurs des fluctuations du Marché.
Avant de terminer, je voudrais vous proposer ce qui suit.
Je sais que Marc est assez friand de ce genre de stat.
Allons y :
Savez vous combien de fois le taux de chomage a progressé de 0.5% entre deux mois consécutifs dans le passé ?
Et que s'est il passé ensuite ?
Voila les réponses :
Depuis 1950, c'est la 17ème fois que ce taux a progréssé d'au moins 0.5%.
Dans les 12 mois qui ont suivi ce phénomène (pour les 16 fois), le Dow Jones a progréssé en moyenne de 30%.
Cela fait réfléchir, non ?
Les analystes estiment que le taux de chomage - résultante d'une crise - est toujours à son apogée à la fin de la crise.
J'espère que cela vous a plu...c'est tout pour aujourd'hui.
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| Envoyé par scoubidoo le 07 Juin 2008 à 12:04
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Salut Paca,
Ce chiffre qui a tout fait basculé est à mon (humble) avis la goutte d'eau qui a fait débordé le vase.
Il ne faut pas oublié :
l'annonce d'une hausse prochaine des tx bce, et donc le $ chute et le pétrole monte
l'annonce que les tx us ne vont plus baisser et surement remonter à cause de l'inflation : la fed changerait son fusil d'épaule et donnerait la priorité à l'inflation et non la croissance.
Une hausse des taux n'est jamais favorable à la bourse
Donc les perspectives économiques fondamentales sont : une croissance mondiale nulle, voir en recession + inflation confirmée, plus des dégradations pour les banques qui vont restreindre les crédits à l'économie et donc... conséquences négatives sur la croissance.
Bref moins de résultats pour les entreprises = cours de bourse à la baisse.
Qui acheterait des actions dans ce contexte ? On dit que les spéculateurs anticipent le futur, donc pas d'acheteur et lorsqu'il n'y a plus d'acheteur : le couteau tombe
Alors ce chiffre n'a été que le déclencheur.
En tout cas, l'analyse fondamentale est tout aussi contradictoire que l'analyse technique : certains y voient la certitude que tout va monter, et d'autres y voient la certitude que ca va baisser
vive la bourse
Bon week
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"shake your ass, baby...shake your ass...I'm a scoobidoo, scoobidoo, scoobidoo, bidoo!"
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| Envoyé par Paca le 07 Juin 2008 à 16:07
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Bonjour Scoubi
Je vois avec plaisir que tu as bien progressé avec ta compréhension globale de l'économie.
Il y a de très bonnes choses dans ce que tu as écrit. Il y a aussi des raccourcis un peu rapides et des informations erronées.
Par exemple, tu dis que la croissance mondiale est nulle, voire en recession.
Si la croissance est faible aux US et ralentie en Europe, il n'en est pas de même pour bien d'autres pays.
Les pays du BRIC flirtent avec une croissance à 2 chiffres.
La croissance mondiale reste soutenue, même si l'année 2008 devrait être un moins bon cru que les précédentes.
En ce qui concerne la FED, Ben Bernanke a toujours été un grand défenseur de l'idée selon laquelle l'inflation devait rester mesurée et basse (inférieure à 2.0% selon lui). Nous tournons actuellement à 2.3%. Il n'y a pas mort d'homme.
La FED pense également que le ralentissement économique devrait lui même juguler l'inflation plus tard dans l'année.
La FED a indiqué que ses taux étaient bien positionnés pour soutenir la meilleure croissance possible ainsi que la stabilité des prix. Il y a donc peu de chance de voir la FED baisser encore rapidement ses taux.
De là à penser que la FED va les augmenter pour contrer une inflation grandissante...c'est plutôt le jeu des spéculateurs. Les crise ne sont pas terminées et toute augmentation de taux entrainerait un ralentissement éconmique supplémentaire, comme tu le dis si bien. On ne fait pas çà, lorsque que l'on est si près de la recession.
Pourtant certains spéculateurs ont lancé l'idée en fin de semaine dernière que la FED pourrait ré augmenter ses taux.
Le fait que la BCE annonce une possible augmentation de ses taux dès juillet a en effet un impact négatif sur le Dollar (ou plutot en grande partie positif sur l'Euro).
La hausse du pétrole est due plutot aux propos de Morgan Stanley qu'à la hausse de l'Euro.
Concours de circonstance, manipulation...
Toujours est il que les annonces cumulées donnent une impression fausse de la situation US au jour de Vendredi.
Maintenant cette baisse devrait être corrigée rapidement. Cependant Lundi n'est pas le meilleur candidat du fait de la news sur les ventes de maisons existantes (pending home sales). A part une grande surprise, cette info devrait plutôt être négative.
Enfin, les spéculateurs n'anticipent rien du tout. Ils se contentent de profiter des opportunités offertes et parfois les créent.
Ce sont les investisseurs qui améliorent l'économie.
En tout cas, je te remercie pour ton intervention.
Editer par Paca sur 07 Juin 2008 à 16:11
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| Envoyé par scoubidoo le 08 Juin 2008 à 16:10
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Salut paca,
Merci pour ton compliment, je n'ai donc pas eu mon diplôme d'économie dans un paquet bonux.
Spéculer c'est bien anticiper un cours futur, les spéculateurs à la baisse pensent donc que les cours vont baisser, à court moyen ou long terme. (ou monter pour les mp et petrole)
Lorsque je parle de croissance economique nulle, je ne parle pas de la croissance actuelle, mais de celle à venir en 2008 2009, ce qui impactera celle des bric
Quand à l'inflation, idem, elle est là en Europe et avec la flambée des matières premières, des denrées alimentaires (riz, blé...) je ne vois pas les prix diminuer dans le court et moyen terme. Quand à l'inflation aux us, et à la déclaration de ben, il n'a pas dit ça par hasard
Voilà, je suis plutot pessimiste pour l'avenir
@+
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| Envoyé par Paca le 08 Juin 2008 à 16:55
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Salut Scoubi
Je suis d'accord sur la définition du verbe spéculer. Cependant, parmi les acteurs boursiers, même les investisseurs spéculent (dans le sens essayent de prévoir un sens futur).
Quand on parle des spéculateurs sur les Marchés, il s'agit bien de ceux qui essayent de profiter des opportunités...mais tu le savais déjà...donc inutile d'en rajouter.
Avoir une croissance nulle en 2008 au niveau mondial ne me parait pas possible vu la conjoncture actuelle. Quant à 2009, je ne vois pas comment on peut prévoir aujourd'hui qu'elle tombera à zéro.
L'inflation est bien là en Europe...je suis tout à fait d'accord...tout comme je ne vois pas non plus diminuer les prix à court terme.
La conséquence est que nous ne verrons certainement pas les taux diminuer en Europe avant un bon moment. Cela est renforcé par le fait que la mission principale de la BCE est la lutte contre l'inflation. De plus, le FMI, qui pendant un temps, avait demandé à la BCE de baisser ses taux, a fait un revirement en indiquant dernièrement que les taux de la BCE étaient bien positionnés.
Dans le monde entier l'inflation monte plus ou moins vite pour des raisons diverses. Il est vrai également que les matières premières y sont pour grande part. Cependant, et en ce qui concerne les US, on a pu voir que les augmentations massives des matières premières n'ont pas eu pour effet une même proportion d'augmentation de l'inflation. Cette constatation permet d'affirmer que l'économie US offre une belle resistance au contexte inflationniste.
Les entreprises peuvent soit baisser leur marge (impact sur la croissance) soit trouver de nouveaux débouchés (export notamment). La politique US actuelle de laisser le Dollar baisser a permis jusque là de soutenir la croissance globale face à l'inflation. Et comme l'Europe ne veut pas baisser ses taux, le Dollar risque de conserver des niveaux permettant de continuer à soutenir des exportations vigoureuses. Cette politique restera possible tant que l'inflation US restera contenue.
Enfin, je te rejoins sur la vision pessimiste de l'avenir 6-12 mois. Cependant mon analyse prend plutot en compte des éléments comme la chute du marché immo qui s'éternise et le prix du pétrole qui n'en finit pas de monter et met des batons dans les roues dans les stratégies de redémarrages de l'économie montées par les US.
Or, la stratégie US est faite pour absorber aux mieux les crises actuelles pour peu qu'elles demeurent dans des timings relativement courts. C'est le cas du plan Bush (Tax rebate)
Mon appréhension vient du fait que je vois les crises perdurer et que de ce fait, les risques que les plans US deviennent dans le temps inéfficaces augmentent.
Mais je reste plus pessimiste pour l'Europe que pour les US. La composition même de l'Europe est un frein pour définir rapidement des plans efficaces pour contrer les crises. De plus, les pays ne sont pas tous dans les mêmes situations...ce qui fait qu'il y en a toujours un qui est content de sa situation particulière et freine les processus globaux.
Editer par Paca sur 09 Juin 2008 à 17:14
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