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Sujet Sujet: Zapping presse de Mai 2008 RépondreNouveau sujet
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Envoyé par Lorenbarre le 16 Mai 2008 à 09:53 Citer Lorenbarre

Pouvoir d'achat & mondialisation


http://www.lesechos.fr/info/analyses/4727014.htm
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Envoyé par Lorenbarre le 17 Mai 2008 à 10:43 Citer Lorenbarre


Bonjour les Z'amis !

Après une semaine sans vous lire, quel joie j'ai de pouvoir vous retrouver ici aujourd'hui ; Vous m'avez beaucoup manqué, vous savez

Je continue donc cette file du Zapping presse du mois de mai 2008 avec la suite de l'article de Michael T. Klare.

Bonne lecture et bonne fin de semaine à vous.

Amicalement


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Michael T. Klare : Géostratégie de l’énergie (II/II)



L’approvisionnement en pétrole et matières premières en voie de raréfaction est devenu l’enjeu géostratégique majeur déterminant la politique des grandes puissances. Dans ce deuxième volet, Michael Klare analyse la concurrence qui oppose la Chine, la Russie et les USA en Afrique et en Asie Centrale. Dénonçant le choix d’une compétition militaire aussi coûteuse que dangereuse, il appelle à la mise en oeuvre d’une politique de coopération internationale ambitieuse en faveur des énergies nouvelles, seule solution raisonnable à moyen terme.



Illustration : Oléoducs de la région de la mer Caspienne - source Energy Information Administration



Par Michael T. Klare, The Nation, 1er mai 2008

Aucune autre superpuissance n’est en mesure d’égaler la projection mondiale des forces armées qui permet aux États-Unis de garantir ou de protéger ses approvisionnements en matières premières vitales. Néanmoins, d’autres puissances montantes commencent à remettre en cause par leurs actions cette prééminence américaine. La Chine et la Russie livrent aujourd’hui des armes aux producteurs de pétrole et de gaz dans les pays en développement et elles renforcent leurs capacités militaires dans les principaux pays producteurs d’énergie.

C’est en Afrique que les efforts déployés par la Chine pour l’accès aux ressources sont le plus évidents. Beijing y a établi des liens avec de nombreux pays producteurs de pétrole : Algérie, Angola, Tchad, Guinée Equatoriale, Nigeria et Soudan. La Chine veut également accéder aux abondantes ressources du continent en minéraux : cuivre de Zambie et du Congo, chrome du Zimbabwe et gisements de minéraux en Afrique du Sud. Dans chaque cas, les Chinois ont courtisé les fournisseurs en pratiquant une diplomatie vigoureuse, en offrant une aide au développement et des prêts à faible taux d’intérêt, en développant des projets culturels remarquables - et, dans bien des cas, des armements. La Chine est désormais un important fournisseur de matériel militaire dans ces pays et est surtout connu pour ses ventes d’armes au Soudan - armes qui auraient été utilisés par les forces gouvernementales pour se livrer à des attaques contre des populations civiles au Darfour. En outre, à l’image des États-Unis, la Chine a complété ses livraisons d’armes par des accords de soutien logistique et de formation, ce qui conduit à une augmentation régulière du nombre des instructeurs, des conseillers et des techniciens chinois, qui sont maintenant en concurrence avec leurs homologues américains pour tenter de gagner la loyauté des officiers des armées africaines.

Un processus très semblable se déroule en Asie centrale, où la Chine et la Russie coopèrent sous les auspices de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) pour fournir des armes et une assistance technique aux forces militaires des « stans » d’Asie centrale - là encore en situation de concurrence avec les USA pour gagner la loyauté des élites militaires locales. Dans les années 1990, la Russie était trop préoccupée par la situation en Tchétchénie pour accorder beaucoup d’attention à cette région, et la Chine avait également d’autres priorités, ce qui a permis à Washington de bénéficier d’un avantage temporaire. Cependant, au cours des cinq dernières années, Moscou et Beijing ont fait des efforts concertés pour gagner en influence dans la région. De ce fait, l’environnement géopolitique y est désormais bien plus concurrentiel, et la Russie et la Chine, liées par l’OCS, gagnent du terrain grâce à leurs efforts pour réduire l’influence des USA.

L’une des preuves visible de cette situation a été fournie lors des manoeuvres militaire que l’OCS a effectuées l’été dernier, les premières du genre auxquelles aient participé tous les États membres de l’organisation. Ces manoeuvres ont réuni 6500 militaires en provenance de Chine, de Russie, du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan et se sont déroulées en Russie et en Chine. En dehors de sa signification symbolique, cet évènement est révélateur des efforts déployés par la Chine et la Russie pour renforcer leurs capacités, en mettant l’accent sur les forces d’assaut à long rayon d’action. Pour la première fois, un contingent de troupes aéroportées chinois a été déployé à l’extérieur du territoire national, ce qui constitue une indication nette de la posture de plus en plus affirmée de Beijing.




Organisation de Coopération de Shanghai - en vert, les pays ayant le statut d’observateurs


Afin de s’assurer que le message implicite de ces manoeuvres ne passe pas inaperçu, les présidents chinois et russes ont mis a profit le sommet de l’OCS se déroulant dans le même temps au Kirghizistan pour mettre en garde les États-Unis (sans les nommer) contre l’ingérence dans les affaires de l’Asie centrale. En appelant à un monde « multipolaire », Vladimir Poutine a déclaré que « toute tentative visant à résoudre les problèmes mondiaux et régionaux de manière unilatérale est sans espoir. » Pour sa part, Hu Jintao a déclaré que « les nations de l’OCS ont une compréhension claire des menaces auxquelles est confrontée la région et, par conséquent, doivent assurer leur sécurité elles-mêmes. »

Ces efforts entrepris par la Russie et la Chine, en relation avec le renforcement de l’aide militaire américaine aux États de la région, font partie d’une lutte plus vaste, bien que souvent dissimulée, visant au contrôle du pétrole et du gaz naturel en provenance du bassin de la mer Caspienne qui transité vers les marchés d’Europe et d’Asie. Et cette lutte, à son tour, n’est qu’une partie d’un combat mondial pour l’énergie.

Le risque majeur, c’est que cette compétition ne délaisse les domaines économiques et diplomatiques pour se poursuive sur le plan militaire. Cette éventualité ne devrait pas résulter d’une décision délibérée de provoquer un conflit avec un concurrent prise par l’un des États impliqué. Les dirigeants des pays concernés savent tous que le prix à payer pour l’emploi de la force est beaucoup trop élevé pour pouvoir espérer tout gain en retour. Le problème en revanche, tient à leur comportement, collectivement, qui rend de plus en plus vraisemblable le déclenchement fortuit d’une escalade militaire. Le déploiement d’un nombre croissant d’instructeurs militaires et de conseillers américains, russes et chinois dans des zones d’instabilité fait courir le risque réel que ces forces étrangères puissent un jour être entraînées dans des conflits locaux et se trouvent dans des camps opposés.

Ce risque est d’autant plus grand que l’importance prise par la production du pétrole, du gaz naturel, de l’uranium et des minéraux est en soi une source d’instabilité, qui agit comme un aimant attirant les livraisons d’armes et les interventions extérieures. Les pays producteurs sont en grande partie des nations pauvres, où celui qui contrôle la ressource s’assure du même coup une source de revenus abondants. Il y a là une incitation à la monopolisation du pouvoir par des élites avides qui utilisent à leur profit l’armée et la police pour réprimer leurs rivaux politiques. Cela se traduit le plus souvent par des régimes où une oligarchie corrompue se maintient au pouvoir grâce à un appareil de sécurité brutal, entourée par des masses déshéritées, en proie au mécontentement, et qui plus est appartenant souvent à un groupe ethnique différent. C’est là la recette idéale pour une provoquer agitation et insurrection. Telle est pourtant la situation qui prévaut aujourd’hui dans la région du delta du Niger, au Nigeria, au Darfour au sud Soudan, dans la région d’où provient l’uranium au Niger, au Zimbabwe, dans la province de Cabinda de l’Angola (où est situé la majeure partie du pétrole) et dans de nombreuses autres régions affligées par ce qu’il est convenu d’appeler la « malédiction des ressources ».

Le danger, bien sûr, réside dans le fait que les grandes puissances soient entraînées dans ces conflits internes, et ce n’est pas là un scénario impensable. Les États-Unis, la Russie et la Chine ont déjà livré des armes et fourni une assistance militaire à des factions impliquées dans bon nombre de ces conflits. Les États-Unis arment les forces gouvernementales au Nigeria et en Angola, la Chine soutient les forces gouvernementales au Soudan et au Zimbabwe, etc. Une situation encore plus dangereuse prévaut en Géorgie, où les États-Unis appuient le gouvernement pro-occidental du Président Mikhail Saakashvili en lui fournissant armes et soutien militaire tandis que la Russie appuie les régions séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. La Géorgie joue un rôle stratégique important pour les deux puissances en présence, car elle abrite l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), un projet soutenu par les USA, qui amène le pétrole de la Caspienne vers les marchés occidentaux. Des conseillers et des instructeurs américains et russes sont présents dans ces deux régions, parfois suffisamment proches pour s’observer directement. Dans ces circonstances, il n’est pas difficile d’imaginer des scénarios dans lesquels une future confrontation entre la Géorgie et les forces séparatistes pourrait conduire, volens nolens, à un affrontement direct entre soldats américains et russes, déclenchant une crise beaucoup plus grave.

Il est essentiel que l’Amérique abandonne cette conception consistant à aborder sous l’aspect militaire sa dépendance envers les importations d’énergie et qu’elle assouplisse sa politique actuelle de concurrence géopolitique avec la Chine et la Russie pour le contrôle des ressources au-delà de ses frontières. Lutter contre cette dépendance entraînerait un investissement plus important en matière d’énergies alternatives, mais conduirait aussi à une plus grande économie sur l’énergie sur le plan intérieur (en induisant une baisse des prix sur le long terme) et augmenterait les chances d’éviter le réchauffement de la planète.

Toute stratégie visant à réduire la dépendance des importations d’énergie, et en particulier le pétrole, doit inclure une forte augmentation des investissements dans les énergies de substitution, en particulier les sources renouvelables (solaire et éolien), les biocarburants de deuxième génération (qui sont issus de végétaux non comestibles), la gazéification du charbon mettant en oeuvre la capture et le stockage du carbone (pour éviter que le dioxyde de carbone en s’échappant dans l’atmosphère ne concoure au réchauffement la planète), sans oublier les piles à combustible alimentées par l’hydrogène, le train à grande vitesse, les transports en commun et tous autres systèmes de transport avancés. La science et la technologie requises sont déjà largement présentes, mais les investissements nécessaires pour les faire passer du stade du laboratoire ou du projet pilote à une grande échelle de développement ne le sont pas encore. Le défi consiste donc à rassembler les nombreux milliards - voire milliers de milliards - de dollars qui seront nécessaires.

Mais ce sont les dépenses militaires pour le contrôle de la ressource énergétique, à l’origine justifiées par la même préoccupation, qui sont aujourd’hui le principal obstacle à cette tâche herculéenne que nous devons entreprendre. Pour ma part, je chiffre le coût induit par la « Doctrine Carter » à une fourchette comprise entre 100 milliards à 150 milliards de dollars par an, non compte tenu de la guerre en Irak. L’extension de cette doctrine à la région de la mer Caspienne et de l’Afrique vient ajouter des milliards de dollars supplémentaires à cette somme. La nouvelle guerre froide qui se dessine avec la Chine, et la course aux armements sur mer qui l’accompagne, nécessitera des milliards de dépenses militaires supplémentaires au cours des prochaines décennies. Cette entreprise est une pure folie : elle ne garantira pas l’accès à un plus grand nombre de sources d’énergie, ni ne réduira le coût du carburant pour les américains pas plus qu’elle ne découragera la Chine de rechercher de nouvelles sources d’énergies. Cela n’aura pour effet que de gaspiller les sommes dont nous avons besoin pour développer d’autres sources d’énergie et prévenir les pires effets du changement climatique.

Cet exposé conduit à une dernière recommandation : plutôt que de s’engager dans une compétition militaire avec la Chine, nous devrions coopérer avec Beijing dans le développement de sources alternatives d’énergie et de systèmes de transport plus efficaces. Les arguments en faveur de cette collaboration sont imparables : les USA et la Chine réunis devraient consommer 35% de la production pétrolière mondiale d’ici à 2025. La majeure partie de ces importations proviendra d’états en situation instable. Si les réserves mondiales de pétrole ont commencé à diminuer d’ici là comme le prévoient de nombreux analystes, ces deux nations pourraient se retrouver piégées dans un dangereux conflit pour s’approprier des ressources devenues rares, situées dans des zones chroniquement instables de la planète. Les coûts induits par ce chois seraient prodigieux, que ce soit en termes d’augmentation des dépenses militaires ou d’incapacité à investir de façon plus utile dans des programmes sociaux, économiques et environnementaux. Il vaudrait beaucoup mieux renoncer à ce type de concurrence et œuvrer de concert pour le développement de solutions techniques alternatives novatrices remplaçant le pétrole, à la production de véhicules très économes en carburant ou d’autres innovations énergétiques. De nombreuses universités américaines et chinoises, tout comme des entreprises privées, ont déjà initié des projets conjoints de ce type, et il n’est pas difficile d’envisager un modèle de coopération bien plus étendue en la matière.

Au moment où se rapprochent les échéances électorales de 2008, deux voies s’offrent à nous. L’une conduit vers une plus grande dépendance aux importations de carburants, à un renforcement de l’approche militariste quant à notre dépendance vis-à-vis de l’étranger, qui ne pourra que renforcer la compétition à laquelle se livrent les puissances pour le contrôle des approvisionnements mondiaux en énergie fossile. L’autre conduit vers la diminution de la dépendance au pétrole comme source principale d’énergie, le développement rapide des énergies de remplacement, la réduction de la présence de l’armée américaine à l’étranger et la coopération avec la Chine dans le développement de nouvelles options énergétiques. Concernant l’avenir de la nation américaine, rarement un choix politique aura été aussi déterminant.

Première partie : Michael T. Klare : Géostratégie de l’énergie (I/II)
En bas de page : http://www.aazsysteme.com/daytrading/t4209-1-5-bourse.htm

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Publication originale The Nation, traduction Contre Info
http://www.thenation.com/doc/20080519/klare
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Envoyé par Lorenbarre le 17 Mai 2008 à 10:59 Citer Lorenbarre

Je viens de constater que certains liens étaient inopérants

Cela est dû à mon PDA ; je le saurai à l'avenir...

Voici donc les bons liens des articles pertinents du Journal Les Echos

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Le marketing voyou


http://www.lesechos.fr/journal20080509/lec1_idees/4724605.ht m


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Le pays confronté à une pénurie d'eau


http://www.lesechos.fr/info/energie/4721217.htm


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La crise sans fin


http://www.lesechos.fr/info/analyses/4725412.htm


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Les fièvres nationalistes chinoises


http://www.lesechos.fr/info/analyses/4725017.htm


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La fin de la suprématie américaine


http://www.lesechos.fr/info/analyses/4726621.htm


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Pouvoir d'achat et mondialisation


http://www.lesechos.fr/info/analyses/4727014.htm
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Envoyé par Lorenbarre le 17 Mai 2008 à 11:06 Citer Lorenbarre

Evans-Pritchard : la crise atteint l’économie réelle



La finance a évité le pire grâce aux perfusions massives de liquidités des banques centrales et à la baisse drastique des taux de la Fed. Mais le deuxième round de la crise s’annonce plus douloureux. Cette fois-ci, c’est l’économie réelle qui commence à souffrir, des ménages aux entreprises.


Par Ambrose Evans-Pritchard, The Telegraph, 13 mai 2008




La cascade de faillites a commencé. Six entreprises américaines importantes ont fait défaut sur leurs obligations au cours des dernières semaines, contre 17 pour l’ensemble de l’année dernière.

Je ne croyais pas à la possibilité d’un rebond instantané de l’économie, et n’ai pas pour habitude de me laisse impressionner par de sombres prévisions. Mais la dernière étude publiée par Standard & Poor’s : « l’éclatement après le boom », m’a épouvantée.

La liste des entreprises en difficulté est assez variée, mais pour le moment la plupart sont des victimes de la crise immobilière : Linens’ N Things, ( 650 millions de dollars), Kimball Hill ( 703 m), Home Interiors ( 310 m), French Lick Resorts ( 142 m), Recycled Paper Greetings ( 187 m), Tropicana et Divertissement ( 2,49 milliards).

Comme le montre la dernière enquête sur le crédit de la Fed, les prêteurs ont fermé les guichets. Une fois passé le délai habituel, le poison se propage des banques au monde réel.

Diane Vazza, responsable du secteur crédit de S&P, indique que le nombre de défaillance d’entreprises est deux fois supérieur à celui observé lors des ralentissements économiques précédents. « Les entreprises entrent dans cette période de récession avec une situation beaucoup plus toxique. Leur marge d’erreur est très faible, elles sont sur le fil du rasoir », observe-t-elle.

Les deux tiers ont une notation qui les place dans la catégorie des investissements « spéculatifs » alors que ce n’était le cas que pour 50% d’entres elles à l’époque de l’éclatement de la bulle Internet, et 40% au début des années 1990. La raison de cette situation tient à leurs niveaux d’endettement qui « ont considérablement augmenté durant les 18 derniers mois du boom du crédit. De nombreuses transactions ont été financées qui n’aurait pas dû l’être », juge-t-elle.




Liste des entreprises défaillantes en 2008 - Standard & Poor’s
Les emprunts émis par quelques 174 entreprises américaines se négocient à un « niveaux de détresse ». Les primes de risques sur leurs obligations ont explosé au-dessus de 1000 points de base. Et ce chiffre ne prend pas en compte le désastre dans les petites entreprises.

La ville de Vallejo en Californie (117000 habitants) vient de prendre une décision sans précédent en se déclarant en faillite, en raison de la baisse de ses revenus fiscaux induite par une chute de 26% des prix de l’immobilier. D’autres pourraient suivre.

« C’est la pointe de l’iceberg : tout le monde va faire la queue pour les déclarations de faillite en Californie, » déclare John Moorlach, un fonctionnaire du Comté d’Orange.

Les consommateurs américains jonglent avec leur carte de crédit pour différer le jour où ils devront solder les comptes. L’enquête de la Fed indique que les en-cours de crédit assoicés aux cartes bancaires ont bondi de 6.7% au premier trimestre pour atteindre 957 milliards, soit 6000 dollars par adulte américain, en dépit de taux proche de l’usure, près de 20%.

« Mon sentiment c’est que de nombreux Américains continuent à laisser courir leurs crédits de carte bancaire car ils ont assez peu l’intention de le régler le tout," estime Peter Schiff, chez Euro Pacifique Capital.

Fort heureusement, le blitz monétaire de la Fed a permis d’éviter une dépression. Les prêts en urgence accordés aux banques en invoquant la clause des « circonstances inhabituelles et exceptionnelles » de son règlement,. - l’arme absolue de l’article 13 (3), inutilisé depuis les années 1930 - a permis de sauver le système bancaire.

Il n’y aura pas non plus d’ « Apocalypse des taux variables ». Les réductions drastiques des taux auxquelles la Fed a procédé - passant de 5.25% en Septembre à 2% aujourd’hui - ont permis d’éviter cette catastrophe [1]

On frémit en imaginant ce qui aurait pu se passer si la tendance dure de la Fed (Plosser, Hoenig, Fisher) l’avait emporté, comme cela avait été le cas dans les années 1930 - et comme c’est le cas dans la zone euro, où l’Allemand Axel Weber règne en maître, sans que personne n’ose prendre la tête d’une mutinerie.

Malgré cette opération de sauvetage, les prix de l’immobilier US sont susceptibles de chuter de 25% par rapport à leurs maximums, indiquent Lehman Brothers et Goldman Sachs. Nous n’en sommes à peine qu’à la moitié mais ce sont déjà 10 à 12 millions de foyers qui sont dans le rouge, avec un emprunt supérieur à la valeur de leur bien.

Les « bears » [2] de la Société Générale sont entrés dans une phase d’hibernation Sibérienne, et lancent une alerte d’ « Age Glaciaire ». Ils ont réduit leur exposition sur le marché des actions au minimum, à 30% ; pour la première fois dans l’histoire de la banque.

La part des placements « super-sécurisés » en obligations d’État a été portée à un maximum de 50%. Ils font le pari que va se produire une redoutable déflation à la « japonaise ». La banque s’attend à voir le cours des actions chuter de 50% à 75%.

« Rien, nulle part, ne sera épargné. Nous sommes à la limite d’un effondrement des actions qui va déchiqueter les portefeuilles, » juge Albert Edward, analyste stratégique à la SG .

« Nous voyons une récession mondiale se développer. Les liquidités vont s’assécher et crever les deux bulles des marchés émergents et des matières premières. Les nouveaux espoirs que « le pire pourrait être passé » sont vraiment stupéfiants. Les bénéfices sont en voie de désintégration », avertit-il.

La remontée des cours à laquelle on assiste pourrait durer jusqu’en juin. Mais n’y comptez pas trop. Les bourses mondiales ne sont déjà plus à la hausse - en un mouvement parallèle à celui du pétrole - dopées par le sauvetage des liquidités permis par les réductions des taux aux États-Unis, Royaume-Uni, et au Canada.

Le brut a cessé d’être l’ami des actions quand il atteint environ 110 dollars le baril. En frôlant les 126 dollars la semaine dernière il s’est transformé en une menace pure et simple. Le plan de sauvetage de Bush - 800 dollars de crédit d’impôt par ménage - a été réduit à rien par la dernière flambée des cours. Un foyer américain moyen dépense aujourd’hui plus de 8% de ses revenus pour l’énergie et le carburant.

L’OPEP joue avec le feu en refusant de produire plus de pétrole pour compenser les attaques rebelles au Nigeria. Dans cette situation, la baisse de production de 350 000 barils par jour en avril est un acte d’hostilité.

Mais pourquoi les États du Moyen-Orient devraient_ils aider l’Amérique alors même que la Maison Blanche continue de remplir les réserves stratégiques de pétrole des États-Unis pour préparer la guerre avec l’Iran ? Bush lui aussi joue avec le feu.

La flambée des cours du pétrole produira elle-même sa fin. La Chine atteint déjà ses limites. Avec une inflation à 8,5%, elle risque l’apparition de troubles sociaux. En outre, elle a répété les erreurs commises par le Japon dans les années 1980, en construisant de trop nombreuses usines produisant de trop nombreux articles à faible marge destinés à l’exportation vers un marché en train de s’effondrer.

Sun Mingchun, chez Lehman Brothers, estime que la situation de la Chine va se retourner au deuxième semestre de cette année. « Avec autant de surcapacité potentielle, un ralentissement débutant par les exportations pourrait déclencher une réaction en chaîne qui, dans le pire des cas, pourrait menacer la stabilité de [son] système économique et financier », observe-t-il.

La Grande-Bretagne, l’Europe, le Japon et la Chine ralentiront avant que l’Amérique ne redémarre. Le grand effondrement mondial de 2008-2009 est en cours et ce sera un éclatement de bulle parfaitement synchrone.

Sur le web :

Financial Times : Bankruptcies and defaults gather pace
http://www.ft.com/cms/s/0/bfe01f0e-1d36-11dd-82ae-000077b076 58.html?nclick_check=1

The number of companies defaulting on their junk-rated debt and filing for bankruptcy in North America is running at its fastest pace in five years amid the slowing economy and contraction in credit markets.

So far this year, 28 “entities” have defaulted, according to Standard & Poor’s. The defaulted debt of the one Canadian and 27 US companies totals $18.4bn and exceeds the 17 defaults in the US for all of last year.


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Publication originale The Telegraph, traduction Contre Info
http://www.telegraph.co.uk/money/main.jhtml?xml=/money/2008/ 05/12/ccambrose112.xml

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[1] Les taux de nombreux crédits sont réévalués après une période de deux ans. Les baisses du taux directeur de la Fed rendent ces réévaluations indolores.

[2] ours, symbole de la prudence sur les marchés
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Envoyé par Lorenbarre le 17 Mai 2008 à 11:09 Citer Lorenbarre

En Afghanistan l’OTAN commet les mêmes erreurs que l’URSS, estime l’ambassadeur Russe à Kaboul


Incompréhension de la situation en Afghanistan et de la culture de son peuple, complexe de supériorité : selon M. Kabulov, l’ambassadeur Russe à Kaboul, l’OTAN tombe dans les mêmes travers que l’occupation soviétique qui s’est soldée par une défaite cuisante il y a 20 aujourd’hui.




Par Alastair Leithead, BBC, 15 mai 2008

Il y a vingt ans aujourd’hui, à Kaboul, les chars et les véhicules blindés s’ébranlaient en direction du nord. L’Union soviétique commençait à se retirer d’Afghanistan après huit ans et demi de guerre.

Les moudjahiddines, qui recevaient argent et armes d’une alliance réunissant les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Pakistan et l’Arabie saoudite, avaient vaincu une superpuissance mondiale.

Aujourd’hui, le pays est parsemé de souvenirs du temps de l’occupation soviétique. Partout, même à Kaboul on rencontre encore ces carcasses rouillées des épaves abandonnées là par les soviétiques.

Zamir Kabulov - le bien nommé - est arrivé en Afghanistan en 1977 en tant que jeune diplomate soviétique et a depuis lors vécu les turbulences des 30 dernières années qui ont éprouvé cette malheureuse nation.

Mêmes erreurs

Aujourd’hui, M. Kabulov est ambassadeur Russe à Kaboul et la voix de cet homme d’expérience devrait être entendue par les militaires du corps expéditionnaire de l’OTAN que dirigent par les USA.

« Il n’y a pas une seule erreur commise par l’Union soviétique qui n’ait été refaite par la communauté internationale ici en Afghanistan », constate M. Kabulov, qui énumère :

« La sous-estimation de la nation afghane, la conviction que nous avions une supériorité sur les Afghans, qu’ils sont inférieurs et qu’on ne peut pas leur faire confiance pour régler les affaires dans ce pays. »

Et cette liste ne s’arrête pas là.

« Un manque de connaissance de la situation sociale et ethnique de ce pays, un manque de compréhension des traditions et de la religion. »

Il note de plus que les nouveaux maîtres du pays commettent aussi des erreurs qui leurs sont propres.

« Les soldats de l’OTAN et les officiers se tiennent à l’écart des Afghans - ils ne sont pas en contact au quotidien. Ils ne communiquent avec eux que derrière le canon de leurs armes dans leurs véhicules à l’épreuve des balles. »

Il avoue une certaine satisfaction à constater que ceux avaient soutenu les moudjahiddines souffrent aujourd’hui à leur tour.

« Dans une certaine mesure, oui, je ne saurais le dissimuler. Mais je suis encore plus satisfait qu’il n’y ait pas de soldats Russe dans l’ISAF [l’ International Security Assistance Force de l’OTAN] parce que je ne veux pas les voir souffrir des mêmes maux, ressentir les mêmes difficultés que celles qu’ont vos soldats. »

Après le retrait des soviétique les moudjahiddines se sont retournés les uns contre les autres en des combats qui ont déchiré l’Afghanistan. Kaboul a été alors la proie d’une guerre civile que les diverses factions se livraient, tuant des milliers de civils.

« Tuer des innocents »

Ahmad Shah Ahmadzai, un dirigeant des moudjahiddines qui fut Premier ministre en exil pendant les années 1990, reconnaît leur échec dans les années qui ont suivi le retrait soviétique.

Il s’oppose désormais au gouvernement du Président Hamid Karzai et s’est présenté face à lui lors de la dernière élection. M. Ahmadzai établit des parallèles entre les années 1980 et la situation actuelle de la mission internationale.

« Les Russes ont été battus parce qu’ils avaient envahi notre pays. C’étaient eux les agresseurs, pas nous », rappelle-t-il.

Lorsque l’on lui demande de comparer l’occupation soviétique par rapport à la mission de l’OTAN aujourd’hui, il estime que « sur le terrain la situation n’est pas différente parce que les Soviétiques nous imposaient leur régime communiste. Les forces qui sont là aujourd’hui nous imposent leur soi-disant démocratie. »

« [Les Russes] avaient tort, mais les forces de l’OTAN aujourd’hui se conduisent également mal en tuant des innocents - hommes, femmes et enfants. »

Les commandants de l’OTAN s’élèvent en faux contre cela et affirment qu’ils font tout leur possible pour éviter les victimes civiles, en faisant valoir qu’ils font des progrès sur le plan militaire contre les insurgés.

« Ils gagnent des batailles, mais perdent la guerre », juge l’ambassadeur Kabulov, qui estime que les choses sont encore plus difficiles maintenant qu’elles ne l’étaient dans les années 1980.

« Les structures du gouvernement étaient bien plus présentes sur le terrain à l’époque et notre tâche consistait surtout à les soutenir et à gagner leur loyauté - les coeur et les esprits - mais nous avions une administration qui fonctionnait. »

Nouvelles épaves ?

Dans la province de Helmand, les forces britanniques présentes dans la ville de Kajaki combattent depuis des positions qui avaient été construites du temps des Soviétiques.

On trouve partout des épaves de véhicules blindés en train de rouiller dans des canaux d’irrigation à l’endroit même où les Britanniques sont désormais en lutte contre les talibans. Ils se battent sur les mêmes arpents de terres.

« Nous ne prenions pas la peine d’enlever les épaves de nos tanks et des véhicules détruits, alors que vous le faîtes. Peut-être avez-vous plus de ressources, ou peut-être moins de pertes », s’interroge-t-il.

« Mais si les choses continuent à empirer, comme c’est le cas aujourd’hui, revenez dans deux ans et vous trouverez alors beaucoup de vos propres épaves. »

C’est là une opinion pessimiste, de celles qui donnent à réfléchir, bien qu’elles soient souvent ignorées. Car c’est l’avis d’un homme très bien informé.


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Publication originale BBC, traduction Contre Info
http://news.bbc.co.uk/2/hi/south_asia/7402887.stm
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Envoyé par Lorenbarre le 17 Mai 2008 à 11:15 Citer Lorenbarre

Martin Wolf : vive la hausse du pétrole


Martin Wolf, en bon économiste libéral tempéré, vit dans le meilleur des mondes. Le pétrole augmente ? Parfait. Le marché nous envoie des signes, dit-il, et le marché a toujours raison. Que faut-il faire ? Sans surprise la réponse tient en trois points, toujours les mêmes notons-le quelque soit la question posée : plus de marché, pas d’intervention des états et plus d’investissement. Partant d’un constat à priori peu contestable, la rareté provoque la hausse des cours, et d’une conséquence inévitable, la demande devra fléchir et s’adapter, il s’arrête en chemin et évite les questions qui fâchent.




Quid de la pénurie prévisible et des tensions induites ? Que deviendront les pays pauvres, déjà victimes de la crise alimentaire, avec un baril à 200 dollars ? Dans les pays développés, comment les dizaines de millions d’habitants des grandes banlieues pourront-ils supporter une ponction risquant de devenir intolérable sur leur pouvoir d’achat ? Quels en seront les effets sur la consommation et l’économie ? Quel futur pour la mondialisation des échanges, tant vantée par les libéraux, qui fait voyager les moindres marchandises sur des milliers de kilomètres ? On n’en finirait pas d’égrener les problèmes auxquels nous aurons à faire face, et pour lesquels on ne saurait de toute évidence se contenter d’invoquer le libre jeu des forces du marché.

Mais in fine, la grande question est toute autre. Car si les scientifiques du GIEC ont vu juste, ce pétrole, quel qu’en soit le cours, devrait rester où il est, prisonnier du sous-sol. C’est là qu’est le vrai défi, et les mécanismes de l’offre et de la demande qui maximisent les bénéfices retirés de la rente pétrolière et redistribuent la richesse vers les producteurs ne nous serons d’aucun secours, bien au contraire.

Ils auront pour effet de ponctionner les ressources nécessaires aux investissements et aux programmes colossaux de reconversion énergétiques, au moment même où nous en aurions le plus besoin.

Contre Info


Les signes envoyés par le marché
Par Martin Wolf, Financial Times, 14 mai 2008


Le pétrole bientôt à 200 dollars le baril : tel est l’avertissement qu’a lancé Goldman Sachs la semaine dernière. Son prix, exprimé en dollars constants, a déjà atteint le plus haut niveau jamais enregistré (cf graphique). A 200 dollars, le cours serait plus du double que lors des précédents chocs pétroliers. Mais même dans ce cas, ce serait une erreur de se concentrer seulement sur les mouvements à court terme des prix. Les vraies questions concernent le long terme.

Voici trois faits concernant le pétrole : c’est une ressource limitée, il est indispensable au système de transport mondial, et si les économies émergentes atteignent le niveau de consommation des Européens, la demande mondiale augmentera de 150%. Ce qui se passe aujourd’hui est un avertissement avant-coureur de cette dure réalité. Il peut-être tentant de blâmer les spéculateurs et la malignité des grandes compagnies pétrolières pour les hausses récentes. Mais la réalité est différente.

La demande de pétrole augmente régulièrement, tout comme les parcs automobiles du monde entier. Il y a aujourd’hui 250 millions de véhicules aux États-Unis alors qu’en Chine ils ne sont que 37 millions. On peut facilement imaginer ce qu’il adviendra de la flotte de véhicules chinoise. Les autres pays émergents suivront également l’exemple de la Chine.

Dans le même temps, les réserves de capacité de production des membres de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole se situent actuellement à des niveaux exceptionnellement bas, tandis que la production hors OPEP a également constamment déçu les attentes. (Voir tableau.)

Il semble de plus en plus difficile d’augmenter la production des 1,4 millions de barils/jour qui seraient nécessaires pour satisfaire la demande. Cela représenterait l’équivalent d’une Arabie Saoudite supplémentaire tous les sept ans. Selon l’Agence Internationale de l’Energie, près des deux tiers des capacités supplémentaires nécessaires au cours des huit prochaines années seront mobilisées uniquement pour compenser la baisse de la production des champs existants. Cela rend la tâche encore plus difficile qu’il n’y paraît au premier abord. Comme le rappelle le FMI dans la dernière livraison de ses Perspectives pour l’Economie Mondiale, le fait qu’un pic de production soit atteint plus rapidement, grâce à l’emploi de technologies plus efficaces, signifie également que le déclin à venir de la production sera plus prononcé.

Il ne s’agit pas de prétendre que la spéculation n’a joué aucun rôle dans les hausses récentes. Mais il est difficile lui attribuer une grande part de responsabilité. Il est vrai que les prix en dollars ont fortement augmenté, mais c’est en partie du à la baisse du dollar (voir tableau). Comme je l’ai expliqué précédemment, si la spéculation avait porté les cours au dessus de leur niveau acceptable, on pouvait s’attendre à voir les stocks s’accumuler rapidement, l’offre dépassant la consommation. Or il n’existe pas de preuve d’une telle augmentation des stocks, comme le notent Goldman Sachs et le FMI.

De même, il n’est pas vrai que les investissements nécessaires pour accroître les limites de la capacité de production aient été trop tardifs. Le rapport du FMI indique que les investissements des sociétés pétrolières internationales et d’état ont plus que doublé entre 2000 et 2006. Pour autant, les véritables investissements n’ont qu’à peine augmenté, en raison d’une pénurie mondiale d’appareils de forage et des services de main-d’œuvre qualifiée. Dans ce contexte, il semble beaucoup plus probable que la spéculation a joué un rôle de stabilisation plutôt que de déstabilisation. En d’autres termes, elle a modifié le prix dans la bonne direction : celle qui permet de réduire la demande.



La hausse des prix y parviendra-t-elle ? Certainement. La demande doit être en adéquation avec l’offre pour une simple raison : nous ne pouvons pas brûler un pétrole qui n’existe pas.


Les chocs pétroliers des années 1970 ont été suivis par de grandes chutes de la demande et de la production (voir graphique). Cela s’explique en partie à cause de la récession et en partie en raison de l’amélioration de l’efficacité énergétique. Ces deux forces devraient agir à nouveau cette fois-ci, mais dans une bien moindre mesure. Le ralentissement de l’économie américaine est en effet susceptible d’être important. Un ralentissement se produira également en Europe occidentale et au Japon, de même que dans le monde émergent. Mais cette région du monde devrait malgré tout connaître une croissance rapide. Globalement, l’économie mondiale - et donc la demande mondiale de pétrole - est susceptible de continuer à se développer à un rythme raisonnablement rapide. De même, l’amélioration de l’efficacité énergétique due au choix de véhicules plus efficaces, notamment en Amérique du Nord où ce marché est encore peu développé, sera compensée par la marée montante de la demande de transport automobile dans des pays émergents à forte croissance.

Dans l’ensemble, il est fort peu probable que la demande globale de pétrole s’effondre, comme cela avait été le cas lors des deux chocs pétroliers précédents. Il est également peu probable que l’on assiste à un afflux massif de nouveaux approvisionnements de pétrole dans un proche avenir. Cela ne signifie pas que les prix restent aussi élevés qu’ils le sont aujourd’hui durant un laps de temps indéfini : une telle stabilité est improbable. Mais cela signifie que nous devons nous attendre à une période prolongée de prix relativement élevés, et ceci même si la théorie du « pic pétrolier » se révélait fausse.

Quelles mesures faudrait-il prendre, face à ces réalités ? Voici une liste fort simple de chose à faire et à ne pas faire.

Tout d’abord, ne pas jeter le blâme ou accuser de complot les spéculateurs, les compagnies pétrolières ou même l’OPEP. Ce ne sont que les messagers. Et leur message est celui-ci : il y a des changements fondamentaux dans l’offre et la demande. Si les spéculateurs poussent les prix à la hausse, ils concourent aux mécanismes d’ajustement. Même si l’OPEP restreint son niveau de production, il préserve ainsi une ressource précieuse pour l’avenir.

Deuxièmement, il convient de ne pas reprocher aux pays émergents leur consommation croissante. Les citoyens des pays riches devront s’adapter à la hausse du prix des ressources provoquée par la montée des pays émergents. La seule alternative serait de tenter de détruire leurs attentes. Ce serait une erreur et un crime.

En troisième lieu, il faut comprendre que ces niveaux de prix vont maintenant jouer un grand rôle au plan macro-économique. A raison de 100 dollars le baril la valeur annuelle de la production mondiale de pétrole serait proche de 3000 milliards de dollars. Ce qui représente 5% de l’ensemble de la production annuelle mondiale. Les années 1979 à 1982 ont été la seule période où ce niveau avait été dépassé.

Quatrièmement, il faut s’adapter à des prix élevés, car ils jouent un rôle important en encourageant une utilisation plus efficace de cette ressource limitée et modèrent les effets du changement climatique. Le choc que nous vivons à l’heure actuelle offre une opportunité unique de relever les minima de prix, en imposant des taxes sur le pétrole, les combustibles fossiles ou les émissions de carbone.

Cinquièmement, on doit tenter de parvenir à un accord global sur les marchés de l’énergie, basé sur un principe fondamental qui est que les producteurs soient autorisés à vendre leur pétrole au plus offrant. En d’autres termes, le marché mondial du pétrole doit rester ouvert. Personne ne devrait utiliser la force militaire pour se garantir une position privilégiée.

Enfin, il faut investir sérieusement dans la recherche fondamentale sur les technologies de substitution. L’autosuffisance énergétique est un objectif inatteignable. Mais l’investissement pour le futur de l’après pétrole doit être effectué.

Nous ne vivons plus désormais dans une période où les ressources sont abondantes. Il est possible que d’énormes variations de l’offre et la demande parviennent à inverser cette situation, comme ce fut le cas dans les années 1980 et 1990. Nous pouvons certainement espérer connaître cette heureuse issue. Mais l’espoir n’est pas une politique.

Le grand événement de notre époque est ce processus d’industrialisation qui concerne des milliards de personnes. La hausse des prix de la ressource est la réponse du marché face à cette transformation. Le marché nous indique que nous devons utiliser de façon plus judicieuse les ressources qui ont désormais plus de valeur. Le marché a raison.


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Publication originale Financial Times, traduction Contre Info
http://blogs.ft.com/wolfforum/2008/05/the-market-sets-high-o il-prices-to-tell-us-what-to-do/
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Envoyé par Lorenbarre le 18 Mai 2008 à 06:20 Citer Lorenbarre

Déluge de menaces américaines contre l'Iran


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Envoyé par Lorenbarre le 18 Mai 2008 à 06:44 Citer Lorenbarre

Quand le mirage de la crise maîtrisée s’évanouit...


- Communiqué public GEAB N°25 (15 mai 2008) -
http://www.europe2020.org/spip.php?article544&lang=fr
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Envoyé par Lorenbarre le 18 Mai 2008 à 19:29 Citer Lorenbarre

Arabie saoudite / Etats-Unis : pétrole contre nucléaire ?


http://www.leblogfinance.com/2008/05/arabie-saoudite.html#mo re
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Envoyé par Lorenbarre le 18 Mai 2008 à 19:32 Citer Lorenbarre

La bulle pétrolière, une arme de destruction massive de la demande


http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=39686
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