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Temps instables après la tempête
LES ECHOS DU 02/05/08
C'est indéniable. La tempête financière née il y a neuf mois de la crise du « subprime » a perdu de son intensité. Au point que, pour le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson, le pire est passé. De fait, les marchés font preuve d'une moindre nervosité. Injections de liquidités et nettoyage des bilans bancaires, baisse brutale des taux d'intérêt et sauvetage de Bear Stearns ont fini par jouer leur rôle d'anxiolytiques. Il n'empêche. Les dégâts sont trop profonds pour présager un rapide retour au calme, aux Etats-Unis comme chez ses principaux partenaires.
La Réserve fédérale en est persuadée, qui vient de lancer un avis de temps instables. Rarement le communiqué expliquant les raisons d'une nouvelle réduction d'un quart de point des taux n'a été aussi clair... sur les incertitudes qui bouchent l'horizon. Il ne s'agit plus, comme au lendemain de l'éclatement de la crise du « subprime », d'une opération de survie du système financier américain et international. Mais de naviguer entre le double risque d'une récession profonde et d'une poussée inflationniste durable.
Dans ce contexte, la polémique sur la définition même d'une récession tient du débat sur le sexe des anges. Psychologiquement apaisante, l'annonce d'une croissance américaine de 0,6 % au premier trimestre ne peut masquer la réalité : fragilisée, l'économie américaine souffre d'anémie. Sans l'apport de stocks accumulés par les producteurs, faute d'avoir trouvé des acheteurs, le PIB américain serait tombé dans le rouge. Et les consommateurs américains, bien plus que les européens, ont de sérieuses raisons d'avoir le moral en berne. Effondrement du prix de l'immobilier, menaces sur l'emploi, envol des prix du pétrole et des produits alimentaires...
Bien sûr, ils commencent à recevoir un chèque salvateur, celui des crédits d'impôts prévus par le dernier plan de relance de l'administration Bush. Mais il s'agit là d'une petite bouffée d'oxygène provisoire. Car plus encore, là aussi, qu'en Europe, les résultats des entreprises américaines reflètent l'arrivée des temps de vaches maigres. La baisse des investissements, durant les trois premiers mois de l'année, n'en est qu'un signe avant-coureur. En revenant à une politique de réduction à pas menus du loyer de l'argent, la Fed vient de prouver qu'elle entend ne pas désespérer les « housewives ». Cette désintoxication lente, après l'euphorisant de fortes baisses de taux, a un double avantage. Elle ouvre une période d'observation serrée de la situation en attendant que la réduction de plus de 3 points du coût du crédit en huit mois fasse sentir ses bienfaits sur l'économie réelle. Et permet, surtout, de relâcher la pression sur l'euro que fait peser depuis des mois la glissade du billet vert, au grand dam de tous les exportateurs vers les Etats-Unis ou la zone dollar. Elle ne saurait, pour autant, annoncer le retour rapide de l'économie américaine dans des eaux calmes. Ni un rebond de croissance en Europe.
Strauss-Kahn craint que les bons chiffres US "ne soient qu'un feu de paille"
AFP le 02/05/2008 23h20
Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a dit vendredi craindre que les bons chiffres sur l'économie américaine diffusés ces derniers jours et à l'origine d'un rebond de Wall Street "ne soient qu'un feu de paille".
"On attend de voir les prochains chiffres américains. Ceux qui sont tombés ce matin ne sont pas mauvais mais je crains que ce soit uniquement un feu de paille et que la tendance à moyen terme reste celle que nous avons prévue", a souligné M. Strauss-Kahn, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre français François Fillon au siège de l'institution multilatérale.
Le FMI estime que l'économie américaine devrait connaître une "légère récession cette année, avec une croissance ne dépassant pas 0,5%.
Pour M. Strauss-Kahn, qui s'est entretenu environ une heure avec M. Fillon, l'économie américaine n'est pas encore "en voie de redressement" et une telle évolution n'est pas à attendre "avant la fin de l'année".
Les chiffres du marché de l'emploi, qui sont très suivis aux Etats-Unis en raison de l'importance de la consommation pour la croissance, se sont révélés meilleurs que prévu. Si l'économie a encore détruit 20.000 emplois en avril, les économistes craignaient jusqu'à 75.000 licenciements.
De surcroît, le taux de chômage a reculé à 5% de la population active, selon les chiffres publiés vendredi par le département du Travail.
Enfin, le produit intérieur brut (PIB) de la première économie mondiale a progressé de 0,6% (en rythme annuel) au premier trimestre, comme au trimestre précédent, alors que certains évoquaient la possibilité d'une contraction.
Sentant le vent tourner, le FMI ne voudrait-il pas mettre le feu à cette paille afin de retrouver une certaine légitimité et crédibilité internationale ?...
A l’Élysée, ce fut un moment de fierté. Le 14 avril, le président de la République recevait pour les féliciter les gendarmes, les parachutistes et les marins qui venaient de libérer l’équipage du Ponant et d’intercepter ses pirates. Une belle démonstration des Français à l’intention de nos amis et de ceux qui ne le sont pas. Une affaire rondement menée – racontée par Frédéric Pons dans nos colonnes. Notre confrère, Jean Guisnel, du Point est allé sur place à Djibouti chercher des détails supplémentaires.
Il en a rapporté qui révèlent combien nos militaires sont devenus des champions du système D. « Ils font avec » du matériel qui ne suit plus !
Deux frégates, Jean-Bart et Surcouf, sont envoyées sur zone pour le soutien de l’opération : « Chacune en panne de l’un de ses deux moteurs », précise Guisnel. Les commandos largués en mer doivent être récupérés par une vedette – une “annexe” de la frégate Jean-Bart – qui manque de « couler en recevant le matériel des parachutistes »…
Lors du dénouement de l’opération, l’un des avions de renseignement, un Atlantic 2,lance un appel de détresse : « l’un de ses deux moteurs est tombé en panne ». Il devra se poser en catastrophe au Yémen ! Quant aux hélicoptères basés sur place, il en faut dix à terre pour en avoir cinq en état de vol… Or le commandement avait dépêché dans la région le meilleur du matériel disponible…
D’autres exemples. Un escadron de l’armée de l’air s’entraîne en ce moment dans les Alpes en vue des transports d’assaut pour soutenir nos forces en Afghanistan : certains de ces Transall ont fait Kolwezi, il y a trente ans ! Pour les maintenir en condition, on est obligé de dépouiller d’autres avions de leurs pièces détachées. Afin de baisser le coût des munitions utilisées par les armes individuelles de nos soldats, on a acheté des cartouches de fabrication chinoise : celles-ci exigent une adaptation minutieuse à nos armes à répétition, sauf à les voir s’enrayer.
Plus spectaculaire encore, comme notre unique porte-avions, le Charles-de-Gaulle à propulsion nucléaire, est en entretien prolongé à Toulon, et qu’il faut tout de même entraîner nos équipages de l’aéronavale, pilotes, mécaniciens et avions, ceux-ci vont effectuer cet été un stage à bord du porte-avions américain Eisenhower.
Mais pour autant nous voulons tenir notre rang et affirmer notre influence non seulement en Afghanistan et dans les Balkans, mais aussi au Liban et en Afrique… Sur tous les fronts avancés des “conflits asymétriques”. Comment concilier cette volonté politique avec des crédits de fonctionnement (soldes, carburants, munitions, alimentation) amputés au profit des crédits d’équipement (systèmes d’armes) dans une enveloppe serrée par les contraintes budgétaires ? La réorganisation appelée par le ministre de la Défense,Hervé Morin, sur le fondement du nouveau Livre blanc, n’est que la mise en conformité des ambitions et des moyens. La nécessité de rationaliser les achats d’armement à l’échelle européenne (nous en parlons en ce moment avec les Britanniques) et celle d’agir non plus en marge mais au sein de l’Otan s’inscrit dans la même cohérence. Faute de pouvoir augmenter nos dépenses, nous cherchons à rendre chaque euro investi le plus efficace possible, en attendant d’avoir reconstitué nos forces économiques.
Ah ! Le général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe ! s’exclament certains. (Il y a si longtemps qu’il est supposé se retourner dans sa tombe !) À ceux-là, il n’est pas superflu de rappeler ce qu’était la situation de la France quand le Général a décidé, n’obtenant pas des Américains ce qu’il voulait, de retirer nos armées du commandement intégré de l’Otan. En 1966 et 1967, notre taux de croissance était de 5% et notre budget affichait un excédent…
Nos dépenses militaires représentaient le premier poste de charges de l’État : elles s’élevaient à 5% de notre richesse nationale. À l’époque, les crédits de l’Éducation nationale étaient inférieurs à ceux de la Défense ! Quarante ans plus tard, les crédits militaires se situent autour de 1,8 % de notre PIB, ils ne représentent plus que 60 % des dépenses d’Éducation, premier budget de l’État. Quant à notre taux de croissance, on sait ce qu’il en est.
Certes, toute comparaison a ses limites : les conditions géopolitiques des années 1966-1967 n’ont rien de commun avec la conjoncture internationale actuelle. Cette comparaison souligne néanmoins ceci : le Général était d’autant plus libre qu’il savait que l’intendance suivait. Désormais, l’intendance est à reconstruire. Quand le président de la République veut un pays plus compétitif et des Français, jeunes ou moins jeunes, qui travaillent plus, c’est aussi pour donner à la France une plus grande liberté d’agir.
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Au moins un qui se soucie des problèmes de notre armée. Du moins, ce qu'il en reste, si l'on veut continuer à être défendu sans avoir besoin de solliciter une nouvelle fois la super-puissance des alliés sur un nouvel "omaha beach"...
Gamma . Thew Shawn. A neuf mois de la fin de son mandat, George W. Bush a atteint des records d'impopularité, selon un sondage publié jeudi 1er mai par CNN.
(Washington, correspondante)
Ce n'est pas parce qu'on ne le voit plus autant sur les écrans que sa popularité ne continue pas de baisser. A neuf mois de la fin de son mandat, le président George Bush n'a jamais été aussi impopulaire. Selon un sondage publié jeudi 1er mai par CNN, 71 % des Américains désapprouvent sa conduite des affaires. Il est désormais "le président le plus impopulaire de l'histoire moderne" des Etats-Unis. Ni le président Richard Nixon ni le président Harry Truman n'avaient franchi le seuil de 70 % de mécontents.
Cinq ans exactement après la proclamation victorieuse de M. Bush sous la bannière "Mission accomplie" du porte-avions Abraham-Lincoln, la Maison Blanche a reconnu une erreur de communication dont elle continuait à "payer le prix".
Jeudi, les médias n'ont pas manqué de souligner que 49 militaires américains sont morts en Irak en avril, ce qui en fait le mois le plus meurtrier depuis sept mois. Le même jour, deux kamikazes ont fait exploser leur bombe à quelques minutes d'intervalle au passage d'un mariage, au nord de Bagdad, faisant 35 morts.
Au-delà de l'Irak, qui n'est plus le souci premier des Américains, M. Bush paie la chute de la confiance dans l'économie. 71 % d'entre eux désapprouvent sa gestion. En octobre 2007, 36 % des Américains pensaient que le pays était en récession. Ils sont maintenant 76 %, selon un sondage Gallup/USA Today.
Dans sa conférence de presse, mardi, M. Bush a blâmé le Congrès. Comme les présidents en fin d'exercice (ou "canards boiteux"), il en est réduit à ronger son frein. La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a repoussé à plus tard l'examen de l'accord de libre-échange avec la Colombie, que le président juge stratégique. Les démocrates ont aussi réussi à bloquer un autre dossier prioritaire aux yeux de la Maison Blanche : le renouvellement de la loi qui autorise les écoutes électroniques.
La fin de la présidence Bush n'est pas non plus marquée par une offensive diplomatique comparable à celle qui avait accompagné la dernière année du mandat de Ronald Reagan ou de Bill Clinton. M. Bush compte se rendre du 13 au 18 mai au Proche-Orient, et notamment en Israël, pour un dernier effort de règlement de paix, mais sans illusion. En cette année difficile, même sa famille semble lui résister. A l'image de sa fille, Jenna, qui a indiqué "ne pas savoir" si elle voterait pour le candidat républicain en novembre.
Corine Lesnes
Article paru dans l'édition du 03.05.08.
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A ceux qui ont oeuvré pour la création des Etats-Unis d'Amérique
On trouve aujourd’hui chaque jour dans la presse américaine, des déclarations faites ici et là annonçant, sonnez clairons, résonnez trompettes, que la crise financière touche à sa fin. Aucun de ces optimistes n’est très connu, ce qui permet aux Stiglitz, Krugman, Warren Buffet, John Mauldin ou Bill Gross de PIMCO, de s’interroger : « Qui sont donc ces zozos ? » Sont-ils payés pour le faire ? Ou bien comptent-ils sur l’originalité de leurs propos pour leur assurer une renommée ?
par Paul Jorion
1er mai 2008
Il y a deux dimensions à la crise : la catastrophe immobilière et la crise de confiance au sein du monde financier. A mon avis, les annonceurs de bonnes nouvelles travaillent au corps la confiance, en espérant que si elle se rétablit grâce à ce traitement musclé, la catastrophe immobilière ira du coup beaucoup mieux elle aussi. C’est ce qu’on appelle : « traiter le symptôme ». Ça n’a bien entendu jamais aucun impact sur la maladie elle-même, m’enfin ça ne peut pas faire de tort au moral.
Alors, comment se porte la catastrophe immobilière aux États-Unis ? Ça fait un moment que je ne vous en ai pas parlé mais ça ne l’a pas beaucoup gênée : elle croît chaque jour en vigueur. Le petit diagramme ci-dessous a paru dans le Wall Street Journal ce matin.
Il représente l’indice Case-Shiller : l’appréciation de l’immobilier résidentiel dans les 20 principales métropoles des États-Unis. Comme on le voit, le prix des maisons poursuit inexorablement son plongeon et sa chute va même en s’accélérant. Le chiffre le plus récemment publié : celui du mois de février, est de -12,7 %, représentant la dépréciation au cours de l’année qui précède. La dépréciation totale du parc immobilier résidentiel américain, depuis le sommet atteint en juillet 2006, est de 14,8 %. La chute constatée au cours des derniers trois mois correspond à une dépréciation annuelle de -25 %.
Au vu de la courbe, les acheteurs potentiels préfèrent bien entendu attendre : le nombre d’Américains qui déclarent vouloir acheter une maison dans les six mois à venir n’arrête pas de décliner : il est passé de mars à avril de 3,4 % à 2,4 %, ce dernier chiffre étant à peine supérieur à 2,3 %, le taux le plus faible jamais enregistré et qui date de février 1983, au plein cœur d’une période d’inflation galopante.
La chute des prix reflète bien entendu le nombre toujours croissant de résidences mises en vente, conséquence des défauts toujours plus nombreux parmi les consommateurs ayant contracté des prêts hypothécaires. J’ai affirmé depuis le début (eh oui ! trois ans déjà) qu’il s’agirait d’une crise de l’immobilier résidentiel américain dans son ensemble et non des seuls subprime, mais commençons par eux puisqu’ils constituent la partie la plus visible et la plus spectaculaire de la crise actuelle. Le nombre des subprimes accusant un retard de paiement de plus de 60 jours frise désormais les 40 %. Countrywide, bientôt absorbé par Bank of America, mais jusqu’ici toujours le premier établissement de financement de crédits au logement aux États-Unis, a annoncé il y a quelques jours que 35,9 % de ses prêts subprime sont dans ce cas : une augmentation de 2,3 % en un trimestre. Pour les prêts prime dans le portefeuille de Countrywide, le taux de défaut est passé, entre le quatrième trimestre 2007 et le premier trimestre 2008, de 5,76 % à 6,48 %.
Les prêts Pay Option ARM, sont eux aussi en pleine déconfiture, Countrywide annonçait mardi que, pour ceux qu’elle détient dans son portefeuille, 9,4 % d’entre eux étaient en retard de paiement de plus de 90 jours ; le chiffre n’était que de 1 % il y a un an et il avait grimpé à 5,7% en décembre dernier. L’accélération est spectaculaire mais ne surprend pas si l’on pense à la finalité de ces prêts : permettre aux riches de se payer des logements bien au-delà de leurs moyens. Les Pay Option ARM leur ont offert le luxe de se comporter comme s’ils étaient pauvres : en remettant à plus tard la question importune du remboursement du principal, et en ne versant que des mensualités d’un montant moindre que les intérêts dus [1].
A ceux qui sont assis là, à se demander si la fin de la crise financière est pour mai ou pour juin - et qu’ils soient payés ou non pour se poser la question - je recommanderais de repasser voir... dans un an ou deux.
Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).
[1] C’est ce qui explique pourquoi dans mon livre à paraître en mai, L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce « la crise des subprimes » (Fayard 2008), je classe les Pay Option ARM dans la catégorie « emprunteurs en cavalerie », juste à côté des subprimes.
Les USA planifient une frappe sur les Gardiens de la Révolution iraniens
Selon le Times, l’état major américain planifierait une opération de « frappe chirurgicale » en Iran contre une base des Gardiens de la Révolution servant de camp d’entrainement aux miliciens chiites irakiens.
Illustration : USS Abraham Lincoln, arrivé dans le golfe Persique le 30 avril
Par Michael Smith, The Times, 4 mai 2008
L’armée américaine élabore des plans pour une « frappe chirurgicale » contre un camp d’entraînement de rebelles en Iran si les Gardiens de la Révolution continuent de tenter de déstabiliser l’Irak, selon des informations transmises la semaine dernière par des sources appartenant aux services de renseignement occidentaux. L’une de ces sources déclare que les Américains sont de plus en plus en irrités par la participation de membres des forces spéciales de la Brigade Al Qods des Gardiens de la Révolution à des opérations en Irak, l’entraînement de milices chiites et la contrebande d’armes dans le pays.
Malgré la posture belliqueuse du vice-président Dick Cheney, l’administration a remisé les plans d’attaque contre les installations nucléaires iraniennes depuis que Robert Gates a remplacé Donald Rumsfeld au poste de secrétaire à la Défense en 2006, indiquent ces sources.
Toutefois, les responsables militaires des États-Unis sont de plus en plus préoccupés par les ingérences iraniennes en Irak et sont déterminés à ce que les récents succès emportés ensemble par les forces irakiennes et américaines dans la ville portuaire de Bassora ne soient pas remis en cause par la Brigade Al-Qods.
« Si la situation à Bassora redevient ce qu’elle était auparavant, l’Amérique devrait en blâmer l’Iran et procéder à une « frappe chirurgicale » au-delà de la frontière sur un camp d’entraînement de militants situé au Khouzestan », déclare une source, faisant référence à une province iranienne frontalière.
Les responsables américains ont conscience que l’Iran ne mettra sans doute pas un terme à son implication en Irak et qu’une attaque américaine, même limitée, pourrait déclencher une escalade des combats.
Bien que les responsables américains de la défense soient fermement opposés à toute attaque sur les installations nucléaires iraniennes, à leur avis un raid sur un des camps de formation de miliciens chiites serait un message fort délivré à Téhéran.
Les Britanniques estiment l’armée américaine a tendance à surestimer les effets de l’implication iranienne en Irak.
Mais disent-ils, il ne fait guère de doute que les Gardiens de la Révolution exercent une influence sur les groupes dissidents de l’Armée du Mehdi du chef religieux radical Moqtada al-Sadr, qui ont été les cibles principales des dernières opérations menées à Bassora.
La chaîne de télévision CBS a indiqué la semaine dernière que des plans sont en cours d’élaboration pour une attaque contre l’Iran, citant un officier qui dénonce le « rôle de plus en plus hostile » de l’Iran en Irak.
Les informations relayées par les médias américains ne précisaient pas quelle pourrait être sur la cible d’une telle action et indiquaient que les installations nucléaires iraniennes étaient probablement l’objectif visé.
Selon les sources du Times, il ne s’agirait pas d’une attaque contre les installations nucléaires. « Le Pentagone n’est pas du tout enthousiaste pour ça. Si une attaque se produit, ce sera sur un camp d’entraînement pour délivrer clairement à l’Iran le message de ne pas interférer. »
Le président George W. Bush est réputé être déterminé à ne pas transmettre ce qu’il considère comme « le problème iranien » à son successeur. Une attaque limitée sur un camp d’entraînement pourrait donner le sentiment d’une action résolue, tout en étant acceptable à la fois par Robert Gates et le commandant US en Irak, le général David Petraeus.
les Etats du Golfe pourraient abandonner la parité avec le dollar
4 mai 2008
Le ministre des finances du Koweït a déclaré à Bloomberg - avant de se rétracter - que plusieurs états de la région envisageaient d’abandonner la parité avec le dollar qui provoque une inflation insupportable. Pour l’instant, le Koweît reste le seul état du Golfe a avoir rompu ses liens avec la devise américaine.
Illustration : Dinars Koweîtis
Par Fiona MacDonald et Matthew Brown, Bloomberg, 1er mai 2008
Les États du Golfe envisagent d’abandonner la parité avec le dollar en raison de l’inflation que le déclin de la devise américaine a provoqué dans toute la région, déclare le ministre des Finances du Koweït, Mustafa Al-Shimali.
« Oui, il y en a quelques uns » parmi les Etats membres du Conseil de Coopération du Golfe qui envisagent d’abandonner la parité avec le dollar qui a perdu 13% par rapport à l’euro au cours des 12 derniers mois, a indiqué M. Al-Shimali lors d’une entretien accordé hier, sans toutefois nommer les pays concernés. « Certains pays feront ce que nous sommes en train de faire. »
Les déclarations de M. Al-Shimali pourraient relancer les spéculations sur une transformation du système monétaire au Moyen Orient qui s’étaient calmées après que les Émirats Arabes Unis et le Qatar avaient le mois dernier exclu toute réévaluation ou décrochage de la parité avec le dollar à court terme. Mais cette question demeurera essentielle aussi longtemps que l’inflation restera aussi élevée.
« L’inflation est en hausse dans le Golfe, dans une large mesure en raison d’une politique monétaire laxiste », précise depuis Dubaï Marios Maratheftis, responsable de la recherche pour la Standard Chartered au Moyen-Orient lors d’une interview téléphonique. « Le resserrement de la politique monétaire ne peut se faire que par un abandon des parités ou un renforcement de leurs monnaies, et de préférence les deux. »
Les Émirats Arabes Unis, le Bahreïn et le Qatar ont abaissé aujourd’hui d’un quart de point leurs taux d’intérêts directeurs, une mesure similaire à celle prise la veille par la Réserve Fédérale. Cette décision était nécessaire pour maintenir la parité avec le dollar. De son côté l’Arabie Saoudite est en repos hebdomadaire tandis que le Sultanat d’Oman calque ses taux d’intérêt sur le Libor londonien.
L’inflation dans les pays du Golfe
L’inflation est proche de 10% en Arabie Saoudite et dans les Émirats Arabes Unis, tandis qu’au Qatar, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 14% au quatrième trimestre.
Le dinar koweïtien s’est apprécié de 7,9% par rapport au dollar depuis que le Koweït est devenu en mai 2007 le seul Etat arabe du Golfe à renoncer à la parité avec la devise américaine. Les contrats d’achat à terme d’un an portant sur les dirhams des Emirats, se négocient avec une surprime de 2% et ceux portant sur le Riyal saoudien se négocient avec une surprime de 1,3%, ce qui suggère que certains opérateurs parient sur le fait que ces pays procéderons comme le Koweït à une réévaluation. Le maintien de la parité avec le dollar provoque dans ces pays un renchérissement des importations facturées en euros ou dans les autres monnaies qui se sont appréciées face au dollar US.
La perspective d’un abandon de la parité « a été initiée par d’autres pays du Golfe qui se dirigent en partie vers cette voie car le dollar baisse depuis un certain temps, » note M. Al-Shimali.
Prudence
« Cette information a déjà été publiée dans la presse », a rappelé M. Al-Shimali, à l’occasion d’une réunion lors du Fourth World Economic Forum qui s’est tenu aujourd’hui au Koweït.
Reuters a annoncé aujourd’hui que M. Al-Shimali avait déclaré que ses propos sur la parité rapportés par Bloomberg faisaient référence à des informations parues dans la presse et ne reflétaient pas son opinion personnelle
Interrogé durant ce forum sur l’éventualité que les pays du Golfe mettent fin à la parité avec le dollar, M. Al-Shimali, a répondu qu’il ne commenterait pas les décisions des États du Golfe.
Les officiels des banques centrales du Qatar, d’Oman et des Emirats les banques centrales n’étaient pas joignables aujourd’hui. Les banques centrales du Bahreïn et de l’Arabie Saoudite étaient fermées pour cause de repos hebdomadaire.
Les spéculations au sujet d’une éventuelle réévaluation avaient atteint des sommets en novembre dernier après que le Gouverneur de la Banque centrale des Emirats Arabes Unis, Sultan Bin Nasser Al-Suwaidi, ait déclaré qu’il envisageait de renoncer à la parité du dirham par rapport au dollar, et qu’un responsable de la Banque Centrale saoudienne ait indiqué que les États du Golfe pourraient réévaluer leur monnaie.
Tous les États membres, à l’exception d’Oman, envisagent de créer une monnaie commune du Golfe d’ici à 2010. Le groupe de gouverneurs des banques centrales se réunira en juin pour tenter de ramener ce projet sur le calendrier prévu.
« Les raisons en faveur d’une réforme monétaire sont pressantes, » estime Simon Williams, chef économiste pour le Moyen Orient à HSBC. « Les pressions inflationnistes auxquelles le Golfe est confronté demandent non seulement une monnaie plus forte, mais elles requièrent aussi une politique monétaire indépendante. Ce problème ne va pas disparaître, mais je ne pense pas que cette évolution soit proche. »
Regardez attentivement les conséquences qu'auraient des bombardements sur les installations nucléaires de l'Iran et ensuite, priez
Dernièrement, le gouvernement des États-Unis a augmenté d'un cran le ton belligérant qu'il emploie contre l'Iran.
Une série de reportages dans une variété de journaux anglophones laissent entendre que la guerre est en route: le Mail & Guardian le 1er avril, le Rutland Herald le 4 avril, le Telegraph le 7 avril, l'International Herald Tribune le 11 avril, le Washington Post le 12 avril, le Washington Times le 16 avril, The Progressive le 24 avril, le Santa Monica Mirror le 24 avril, l'Asia Times le 25 avril, l'International Herald Tribune le 25 avril, le Toronto Star le 25 avril, le Christian Science Monitor le 25 avril, le Washington Post le 26 avril, le Washington Times le 26 avril, le First Post le 26 avril, le Los Angeles Times le 26 avril, le Washington Times le 26 avril et le Telegraph le 26 avril.
Deux flottes offensives de porte-avions sont maintenant près de l'Iran et une autre serait en route. À la fin mars, l'Arabie Saoudite s'est exercée à faire face aux retombées nucléaires qui surviendraient à la suite d'une attaque US contre l'Iran. Au début avril, Israël s'exerçait à affronter des tirs de représailles de missiles suite à une attaque US contre l'Iran. Tout le monde dans la région se prépare à un bombardement de la centrale nucléaire et les installations d'enrichissement d'uranium de l'Iran. Tout comme eux, l'Iran est prêt pour la guerre.
Les États-Unis aurait retenu quelque 10 000 cibles en Iran. Les principales sont l'ensemble des installations nucléaires, y compris la centrale nucléaire de Bushehr sur la côte du Golfe Persique, près du Koweït, et les installations d'enrichissement de Natanz près d'Ispahan. Bushehr est une ville industrielle comptant près de 1 million d'habitants. Pas moins de 70 000 ingénieurs étrangers travaillent dans cette région qui comprend un grand gisement d'hydrocarbures. Natanz est le principal site d'enrichissement d'uranium de l'Iran, au nord d'Ispahan, qui comptent aussi des installations de recherches nucléaires. Ispahan est une ville du patrimoine mondial avec une population de 2 millions d'habitants.
Le réacteur nucléaire iranien de Bushehr dispose de 82 tonnes d'uranium enrichi (U235) qui sont maintenant chargé dans le réacteur, selon des reportages de la presse israélienne et chinoise. Il est prévu que la centrale deviendra opérationnelle cet été, ce qui lui permettra de produire de l'électricité. Les installations d'enrichissement de Natanz opèrent à pleine capacité et elles enrichissent de l'uranium afin que cet uranium puisse être utilisé dans des réacteurs selon les rapports de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique.
Vue des installations nucléaires de Boushehr
Selon le Centre de contrôle des maladie [des USA], l'uranium 235 utilisé dans les réacteurs nucléaires a une demi-vie de 700 millions d'années. Lorsqu'il est utilisé à titre de combustible pour des réacteurs, il se transforme en uranium 238 qui lui, a une demi-vie de 4,5 milliards d'années. Ces isotopes radioactifs sont dangereux pour la santé parce qu'ils émettent des particules alpha et aussi parce qu'ils sont chimiquement toxiques. Lorsque inhalé, il crée des dommages aux tissus pulmonaires. Lorsque ingéré, il crée des dommages aux reins et causer le cancer des os et des tissus du foie. Selon une récente étude de recherche médicale, l'exposition à l'uranium engendre des déformations aux nouveaux-nés ou engendre des mort-nés.
Jamais dans toute l'histoire ne s'est produit le bombardement délibéré de centrales nucléaires et d'installations d'enrichissement nucléaire. De telles installations, partout dans le monde, sont exploitées sous de sévères règles de sécurité parce que le rejet de matières radioactives est mortel au moment même où l'événement se produit et longtemps après y avoir été exposé. Si le États-Unis ou Israël devait bombarder délibérément une centrale nucléaire pleine de combustible nucléaire ou encore des installations d'enrichissement de combustible nucléaire, cette règle serait violée; des éléments radioactifs seraient alors rejetés dans l'environnement. Il y aurait d'horribles décès dans la population environnante. L'Union of Concerned Scientists [L'Union des scientifiques préoccupés aux USA] estime que 3 millions de décès surviendraient dans les 3 semaines suivant les bombardements des installations nucléaires d'enrichissement près d'Ispahan et la contamination recouvrirait l'Afghanistan, le Pakistan, jusqu'en Inde.
Les réacteurs de même que les installations d'enrichissement sont construits en béton extra fort, souvent avec de multiples couches de rétention en dômes et ils sont souvent construits sous terre. Le bombardement de telles installations exigent de puissants explosifs, tels que des ogives pénétrantes sous terre voire même des ogives nucléaires. De telles explosions souffleraient la contamination très haut dans l'atmosphère. Mais où irait cette contamination? C'est une question difficile à répondre et difficile à prévoir.
Au cours de la guerre du Golfe de janvier 1991, de nombreux puits de pétrole au Koweït ont été incendiés. Selon le Département d'État américain, « des pluies noires ont été signalées en Turquie et de la neige noire est tombée au pied des montagnes de l'Himalaya. » Le nuage radioactif causé par le bombardement des installations nucléaires de l'Iran prendrait possiblement ces mêmes directions si les conditions météorologiques étaient les mêmes. Mais le nuage radioactif pourrait aller vers le nord c'est-à-dire, en Europe. Au cours de l'invasion de l'Irak par les États-Unis qui étaient accompagnés par le Royaume-Uni, l'Australie et d'autres pays en mars 2003, des munitions et des bombes à l'uranium appauvri (U238) ont été utilisées. Il a fallu 9 jours pour que des particules d'uranium provenant de ces armes en Irak atteignent l'Angleterre où des échantillons de filtres à air ont démontré une hausse de 300 % de particules d'uranium attribuable à la guerre. Les conditions météorologiques qui ont permis que ces particules soient transportées jusqu'en Angleterre ont passé sur le centre de la Turquie, l'Ukraine, l'Autriche, la Pologne, l'Allemagne, la Suède et le Danemark, pour finalement arriver en Angleterre d'où elles ont poursuivi leur route sur la Norvège, la Finlande et jusqu'en Arctique. Ce fait a été signalé par The Times [un journal en Angleterre], qui dans un article résumait une étude européenne de biologie et de bioélectromagnétique.
Les retombées nucléaires des bombardements sur l'Iran auraient une demi-vie de 700 millions d'années. C'est une durée difficile à comprendre. Jésus-Christ prêchait il y a environ 2 000 ans. Dans l'évolution de l'homme, nos ancêtres, les premiers hommes singes auraient marché debout il y a à peine 5 millions d'années. L'administration Bush et ses conseillers israéliens sont maintenant en train de planifier la contamination de la planète pour 700 millions d'années. Selon la rhétorique des candidats à la présidence John McCain et Hillary Clinton, eux aussi, pensent que c'est une bonne idée. Pour leur part, les médias US semblent applaudir.
Soit les Étatsuniens ne comprennent pas ce qu'ils s'apprêtent à faire ou soit ils se pensent eux-mêmes à l'abri des conséquences. La planète n'est pas si grande. Ce qui se passe quelque part sur le globe fini par se répercuter partout sur le globe. La fumée des puits de pétrole incendiés pendant la guerre du Golfe s'est propagée tout autour de la planète et elle a été détectée en Amérique du Sud. Les retombées radioactives du bombardement d'un réacteur nucléaire se propageront en de lieux aussi éloignés, surtout si l'on considère que le voyage s'effectuera sur des millions d'années.
Les pays du Golfe Persique soit principalement l'Arabie Saoudite, le Koweït, l'Iraq et l'Iran possèdent plus de la moitié des réserves de pétrole connues. En 1981, une étude de « Fetter and Tsipis » parue dans le magazine « Scientific American » portant sur « La propagation catastrophique de la radioactivité » estimait que le bombardement d'un réacteur nucléaire rendrait inhabitable une superficie équivalente à 8 600 milles carrés [NDT : 1 mille = 1,609 km] autour du réacteur, tout dépendant de la façon dont le vent soufflerait. Bombarder le réacteur de Bushehr signifierait que la moitié des réserves de pétrole deviendraient instantanément inaccessibles. Bombarder l'Iran signifierait que les états-uniens ne prendraient plus leurs voitures pour se rendre où que ce soit, plus jamais et ce, pour une très longue période. Le mode de vie à l'américaine serait terminé. Un effondrement économique inimaginable pour les états-uniens suivrait. La culture vivrière mécanisée et le transport de la nourriture seraient choses du passé. Les émeutes de la faim deviendraient chose certaine si jamais la jauge à carburant indiquait que le réservoir est vide, même aux États-Unis, une terre d'abondance.
Les nations du monde ne peuvent pas compter sur les États-Unis et sur leurs conseillers israéliens pour que ces derniers pensent et agissent de façon rationnelle au sujet des bombardements des réacteurs. Il est insensé de dire que « toutes les options sont sur la table » et c'est même un crime contre l'humanité. Les États-Unis et Israël sont en train de préparer le public à accepter cette folie en annonçant qu'ils ont bombardé avec succès un réacteur nucléaire syrien, sans effets nocifs. Israël a aussi récemment publié sa vidéo du bombardement du réacteur nucléaire d'Osiraq survenu en 1981 en Iraq. Voyez comme c'est facile. Il n'y a aucune conséquence fâcheuse. Mais les deux sites étaient en construction et les réacteurs n'étaient pas remplis à ras bord de tonnes d'uranium enrichi.
Les peuples et les gouvernements du Golfe Persique, du Moyen-Orient, de l'Europe et aussi de ces pays vers où soufflera le vent c'est-à-dire l'Inde et la Chine doivent maintenant prendre des mesures pour que cesse cette folie. Une fois que la radiation sera libérée, les résolutions de l'ONU ne ramèneront pas ces radiations dans un milieu confiné.
Les Étatsuniens ayant de la famille et des amis qui servent dans les forces armées dans la région du Golfe Persique, que ce soit en Iraq et en Afghanistan devraient se demander jusqu'à quel point l'administration Bush considère que ses troupes peuvent être sacrifiées.
La planète implore, « Ne bombardez pas les réacteurs nucléaires. »
Comme dans l’accord sur la surveillance des passagers européens, signé en juin 2007, entre l’Union européenne et les Etats-Unis, ce nouvel «accord» sur le contrôle des transactions financières, légitimise une situation de fait créée par les USA. Dans les deux cas l’administration américaine s’était emparée illégalement des données personnelles des citoyens européens, avant que l’Union lui reconnaisse ce droit et modifie son ordre juridique à cet effet.
Le 23 juin 2006, le «New York Times» a révélé l’installation, par la CIA, d’un programme de surveillance des transactions financières internationales. Le journal a mis en lumière le fait que la société belge Swift («Society for Worldwide Interbank Financial Communications») a, depuis les attentats du 11 septembre, transmis, au Département du Trésor des Etats-Unis, des dizaines de millions de données confidentielles concernant les opérations de ses clients.
Swift, société américaine de droit belge, gère les échanges internationaux de quelque huit mille institutions financières situées dans 208 pays. Elle assure le transfert de données relatives aux paiements ou aux titres, y compris les transactions internationales en devises, mais ne fait pas transiter d’argent.
Les données échangées sont stockées sur deux serveurs. L’un situé en Europe, l’autre aux Etats-Unis. Chacun comprend l’ensemble des données. Les messages interbancaires, échangés sur le réseau Swift, contiennent des données à caractère personnel, protégées par les droits belge et européen.
Cette société est soumise également au droit américain, du fait de la localisation de son second serveur sur le sol des Etats-Unis. Ainsi, la société a choisi de violer le droit européen, afin de se soumettre aux injonctions de l’exécutif américain. Malgré la constatation des multiples violations des droits belge et communautaire, les autorités belges se sont toujours refusées à poursuivre la société Swift.
Rappelons que le système Echelon et le programme de surveillance de la NSA permettent de se saisir des informations électroniques, dont les données Swift FIN en temps réel. Leur lecture est d’autant plus facile que les systèmes de cryptage, DES, 3DES et AES, des données relatives aux transactions mondiales entre banques, sont tous les trois des standards américains brevetés aux USA. L’exécutif des Etats-Unis se fait donc remettre des données qu’il possède déjà ou qu’il peut obtenir facilement. Le fait d’obliger les sociétés privées à violer le droit européen, ainsi que de pousser les autorités politiques de ce continent à transformer leur légalité, afin d’autoriser cette capture, est l’enjeu principal des exigences américaines. Pour l’exécutif des Etats-Unis, il ne s’agit pas uniquement d’installer un système de contrôle en temps réel des transactions financières internationales, mais surtout de le faire légitimer.
La cessation des transferts vers les douanes américaines n’a jamais été envisagée. La transmission des informations n’a d’ailleurs pas cessé après la révélation de l’affaire. Afin de se conformer formellement à la directive européenne de protection des données, Swift a adhéré, en 2007, aux principes du Safe Harbor, qui «garantit» que les données stockées dans le serveur américain sont protégées par des normes analogues à celles en vigueur dans l’Union européenne.
L’adhésion aux principes du Safe Harbor procède par une autocertification de la société adhérente, censée fournir des garanties quand aux possibilités de contestation auprès d’autorités indépendantes. Mais, la qualité d’indépendance de ces autorités est peu définie. Le Safe Harbor laisse la personne concernée démunie. C’est à elle de vérifier la situation de conformité de l’organisme américain qui traite des données, c’est à elle de trouver et saisir l’autorité indépendante de contrôle apte à étudier son cas. Si malgré tous ces obstacles, une personne ou une entreprise a la possibilité de pouvoir constater un manquement à la procédure et qu’elle a la capacité d’entamer des poursuites, l’administration américaine peut encore invoquer la notion de «secret d’Etat», afin d’empêcher toute action judiciaire.
Quant au volet de «l’accord» de juin 2007, celui qui autorise la saisie des données personnelles par les USA, il aboutit à un engagement unilatéral de la part des Etats-Unis. Il ne s’agit donc pas d’un accord bilatéral, comme le souhaitait le Parlement européen, mais bien d’un texte, dont le contenu n’a pas besoin de l’accord des deux parties pour pouvoir être modifié. L’administration des Etats-Unis a la possibilité, sans assentiment, ni même consultation de l’autre partie, de modifier ses engagements, selon l’évolution de la législation américaine ou selon sa volonté d’émettre de nouvelles exigences.
Le Département du Trésor donne des garanties purement formelles quant à l’utilisation des données. Il s’engage à les utiliser ou les échanger, avec d’autres agences ou des pays tiers, exclusivement pour lutter contre le terrorisme. Cependant, la définition du terrorisme est tellement large qu’elle peut s’appliquer à toute personne ou organisation ciblée par l’administration.
Les données dormantes ne seront pas conservées plus de cinq années après leur réception. Cela laisse beaucoup de temps aux agences américaines pour les utiliser selon leur bon vouloir.
Comme garantie du respect de la confidentialité des informations, la partie américaine, insiste sur l’existence de plusieurs niveaux indépendants de contrôle. Le texte mentionne «d’autres administrations officielles indépendantes», ainsi qu’un «cabinet d’audit indépendant». Qu’une administration soit considérée comme une institution indépendante d’une autre administration du même Etat en dit déjà beaucoup sur la formalité de cette autonomie. La même remarque peut être faite en ce qui concerne l’audit indépendant. Ainsi, lorsque l’affaire Swift a éclaté en juin 2006, le gouvernement américain avait déjà déclaré qu’il n’y avait eu aucun abus dans l’utilisation des données, vu que l’accès à celles-ci était contrôlé par une société privée «externe», le groupe Booz Allen. Cette dernière est une des plus importantes sociétés en contrat avec le gouvernement américain. L’interpénétration entre public et privé est organique. Qu’une telle société privée puisse être présentée comme indépendante du pouvoir exécutif des Etats-Unis en dit long sur la solidité des garanties obtenues par les négociateurs européens.
Ce récent «accord» révèle l’existence d’une structure politique impériale, dans laquelle l’exécutif américain occupe la place de donneur d’ordres et les institutions européennes une simple fonction de légitimation vis-à-vis de leurs populations. En fait, il ne s’agit pas d’un accord entre deux puissances souveraines. Il n’existe qu’une seule partie, l’administration des USA qui réaffirme son droit de disposer des données personnelles des européens. En compensation, dans une démarche unilatérale il concède des «garanties» formelles qu’il peut unilatéralement modifier ou supprimer. L’exécutif américain exerce ainsi directement sa souveraineté sur les populations des deux côtés de l’atlantique.
Jean-Claude Paye, sociologue en Belgique, est auteur des ouvrages «La fin de l’Etat de droit», La Dispute 2004 et «Global War on Liberty», TelosPress 2007.
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Dès juin 2007, il était prévu que les données Swift inter-européennes ne soient plus transférées aux Etats-Unis, mais sur un second serveur européen. Fin mars 2008, des représentants de la société Swift ont laissé entendre que celui-ci serait situé dans la région de Zurich et serait opérationnel fin 2009. Cette nouvelle procédure est plus conforme à la décision-cadre européenne sur la protection des données personnelles que les principes Safe Harbor. Cependant, la décision-cadre prévoit des exceptions en matière police-justice et laisse la porte ouverte à l’accès des autorités américaines aux données financières des ressortissants européens. Simplement «l’accord» devra être adapté en conséquence. Celui-ci est évolutif. Il est construit de manière à pouvoir répondre en permanence à de nouvelles exigences américaines.
Rappelons que, en ce qui concerne les données des passagers aériens, les douanes américaines ont directement accès aux terminaux des compagnies situées sur le sol européen. Que cela soit par un tel système ou, plus probablement, par le biais d’injonctions déterminées, les autorités américaines continueront à se faire remettre des données financières européennes. L’alibi du serveur américain ne fonctionnant plus, cela aura pour effet de renforcer encore la souveraineté américaine sur le sol européen. Ce qui est l’objectif fondamental de cette affaire.