C'est tout bon...ou presque.
Moi non plus je n'étais pas spécialiste de la macro. Mais bon avec le temps...
Comme on dit c'est en forgeant que l'on devient forgeron ou en sciant que Léonard de Vinci.
Oui, la clef de la reprise est bien la stabilisation des prix de l'immo vers le bas.
Car plus cela descend et plus de nouveaux aspirants possèderont à nouveaux les moyens d'acheter... et trouveront les prix comme des bonnes affaires.
Il faut également que le prix des crédits des banques baisse (surveiller le taux des mortgage à 30 ans). Ce domaine fait partie maintenant des attributs de la FED, même si son action vis à vis de la politique des taux ne peut pas être forcée.
Une autre institution pourrait jouer un rôle important : c'est le pouvoir politique dont le bras armé en ce domaine n'est autre que le Trésor Américain piloté par Henri Paulson.
On a d'ailleurs vu des infos d'analystes qui disaient que le Trésor devait prendre à son compte les dettes créées par la crise. Bien entendu ces dettes seraient financées par la fiscalité (d'où l'incompétence de la FED). Cette solution semblait préférable au plan Bush d'aide aux ménages d'un montant de 168 milliards dont le déblocage effectif ne saurait tarder, mais qui ne solutionnera rien du tout.
Le trésor à d'ailleurs déjà demandé aux banques et autres établissements financiers de laisser tomber une partie du principal des emprunts insolvables. Ce système ayant pour but de freiner les saisies et donc de limiter le stock de maisons invendues et donc de stabiliser les prix.
La réponse de ces derniers a été différente et milite pour une crise plus grave.
Au lieu de réduire les crédits en cours les sociétés de financement ont assoupli leur recouvrements. Les propriétaires ayant des difficultés de paiement (ceux qui ont entre 3 et 6 mensualités en retard) ne sont plus mis à la rue, mais laissés en les lieux.
Cette pratique engendre une distortion importante du niveau réel de la crise immo et se traduira par de lourdes pertes pour les établissements financiers.
C'est un des exemple des actions qui ne font qu'aggraver la crise et dont je parlais un peu plus haut.
La semaine dernière a été descendante du fait de plusieurs facteurs.
Le FMI a relancé les craintes que la crise financière n'a pas encore atteint son plus bas (alors que la semaine d'avant la majorité pensait que le plus dur était passé et que les établissements financiers étaient sauvés).
Les crises immo et financières se propagent au reste de l'économie au vu des premiers résultats des entreprises (même celles que tout le monde pensait à l'abri : GE).
Lundi une news importante est attendue : Retail sales (Ventes biens durables ou non).
Cette news est le reflet direct de la consommation des ménages, laquelle représente les 2/3 de l'économie US.
La croissance de cet indicateur est attendue à 0. Cela signifie une stagnation de l'économie et dans une certaine mesure confirme que la crise s'étend.
Si par malheur, les Retail sales arrivaient négatifs (comme le mois dernier) alors une grosse baisse aurait lieu, même si nous avons terminé la semaine dernière par un très grosse baisse.
Il s'agit des chiffres concernant le mois de Mars. Du coup les bons résultats partiels vus la semaine dernière ne seront pas pris en compte.
Dans la semaine à venir nous aurons d'autres news :
Mardi : Prix à la prod (en augmentation), Prod indus dans la région de New York (attendue meilleure),
Mercredi : Prix à la consommation (en augmentation), Ventes de maisons neuves (attendues en baisse) et Production indus (attendue négative mais moins que la fois dernière)
Jeudi : Demande hebdo d'alloc chomage (en augmentation), Indicateurs éco avancés (attendus positifs alors que négatifs la dernière fois), Prod indus dans la région de Philadelphie (attendus négative mais moins que la fois dernière)
Chacune de ces news à le potentiel de bouger les Marchés, surtout si le résultat redonne espoir ou désespoir.
Hormis cela les résultats des entreprises continueront avec entre autres deux entreprises financières importantes : Merrill Lynch et Citigroup.
Des pertes pour un montant total de 15 milliards de dollar sont attendues.
Si cela se confirme, la crainte de voir les prédictions du FMI se réaliser peuvent se confirmer et même revenir sur le fait que le monde financier peut toujours mourir.
A ce sujet si un établissement financier venait à s'inscrire au chapitre XI, cela aurait un effet désastreux. A surveiller donc.
Le G7 a admis pour la première fois que le niveau du Dollar devenait dangereux pour tout le monde. Cependant, aucune mesure rapide n'a été dégagée.
Le fait de reconnaître ce niveau bas officiellement (première fois depuis 2003) pourrait faire naître quelques espoirs et faire remonter le Dollar (c'est ce qui s'était passé après 2003).
D'autres analystes pensent que le Dollar ne tardera pas à revenir tester voire dépasser les 1.6 Euros.
Je reste personnellement partagé.
La semaine prochaine semble donc encore une fois négative d'un point de vue économique. Cependant les investisseurs rechercheront et amplifieront toute lueur d'espoir aussi infime soit elle.
Ah j'oubliais :
On peut profiter de certaines opportunités à la baisse pour les entreprises dont le process de fabrication est très dépendant de l'energie.
C'était le cas lundi dernier d'Alcoa (fabricant d'aluminium). Ce type d'industrie demande beaucoup d'energie (le plus souvent charbon). Vu l'augmentation des matières premières, on peut spéculer sur une baisse des résultats.
La news concernant l'inquiétude du G7 à propos du niveau bas du Dollar était une interprétation D'Alan Ruskin (RBS).
Bien que tout le monde soit d'accord avec son analyse, il me faut rétablir la vérité en ce qui concerne l'inquiétude du G7.
Ce dernier s'est inquiété des fluctuations rapides de certaines monnaies pouvant avoir des conséquences importantes sur les différentes économies. Le Dollar n'a pas été mentionné même si on peut penser qu'il était le premier visé. Les gouvernements ont mentionné qu'ils continueraient à monitorer ces fluctuations et se tiennent prêts à coopérer en cas de besoin.
Cette rectif ne change en rien l'analyse globale.
A l'ouverture de ce soir et à l'heure où je vous écrit le dollar a récupéré plus de 100 points contre l'Euro (1.5702 contre 1.5810 à la cloture de vendredi).
Cas concret de l'économie (attention ceci est un juste un exercice à blanc)
La paire Euro / Dollar.
En fin de semaine dernière cette paire est remontée à 1.5810.
Cette remontée est due à plusieurs facteurs économiques :
Mauvaises news sur l'éco US
Conservation (inflexibilité ?) des taux de la BCE.
Augmentation du pari sur les prochaines décisions de la FED pour ses taux (en une semaine la proportion de gens pariant sur une baisse de 0.5 points est passée de 36% à 47% ; le reste est pour une baisse de 0.25 points).
On peut donc estimer que le niveau actuel de cette paire est justifié par les développements économiques.
Aujourd'hui : baisse de 100 points de la paire. Cette baisse est spéculative dans la mesure où seule des interprétations viennent étayer une future action potentielle des gouvernement en vue d'un soutien au Dollar.
De plus, rappelez vous que le Dollar bas est voulu par les US pour soutenir l'activité indus par l'export.
On se trouve donc devant une de ces divergences entre l'économie réelle et l'état de ce Marché particulier.
La même analyse pourrait être faite avec n'importe qu'elle paire incluant le Dollar. Mais c'est plus simple et plus flagrant avec l'Euro.
Une opportunité est donc en train de se créer. Avant de se précipiter sur un achat de contrat future EUR/USD (code 6E), il serait sage d'attendre le développement éco autour de la planète.
Nous venons seulement d'ouvrir pour les asiatiques et pacifiques. Attendons de voir si cette opportunité existe toujours (ou s'amplifie) avec les Européens puis les Américains.
Si tel est le cas, le travail éco aura été fait et devra céder sa place à une analyse technique comme celle que pratique Abena.
Le but étant de trouver un niveau intéressant et surtout un momentum où les acheteurs de Dollar perdront la main face aux vendeurs.
En protection pendant le trade, il faudrait surveiller la moindre nouvelle d'une possible action concertée des gouvernements (même si je n'y crois guère sous cet horizon de temps).
Ce genre de trade peut être juteux car pour 100 points sur un seul contrat future EUR/USD vous gagnez 1250 Dollars.
Ceci est un exercice à blanc pour illustrer l'utilisation combinée de l'économie et de l'analyse technique.
Je ne jouerais pas ce scénario en réel et ne conseille à personne de le jouer car le Marché des monnaies m'a souvent prouvé qu'il pouvait faire beaucoup de mal (et le niveau actuel n'est pas des plus rassurant : 1.55 aurait été beaucoup mieux). Imaginez qu'au lieu de gagner 100 points, vous les perdiez. Dur dur.
Ainsi, Wachovia (4ème plus grosse banque du pays) annonce une perte de 393 millions pour le 1er trimestre (il y a un an elle annoncait pour la même période un gain de 2.3 milliards).
Jusqu'à recemment, les analystes pensaient que le résultat pour le 1er trimestre serait un gain de 715 millions.
De plus elle va réduire son dividende, ce qui n'est jamais bien vu.
En outre, elle annonce rechercher 7 milliards par vente d'actions pour refournir son capital.
Vachovia a fait des choix qui paraissent maintenant discutables en rachetant, au plus haut du Marché immo (mai 2006) une société californienne (Golden West) spécialisée dans les options sur prêts à taux variables.
On peut se douter que cette news relance les craintes décrites plus haut dans cette file. Après la descente prévisible, nous pourrons voir une remontée relative lorsque Vachovia aura trouvé ses investisseurs.
Le Dollar qui s'était apprécié face à l'Euro sur les Marchés Pacifique après la réunion du G7 est revenu à son niveau.
Bien que le communiqué du G7 soit quelque chose de nouveau et d'inhabituel, les observateurs ont préféré penser que des actions réelles seraient difficiles à envisager à l'heure actuelle.
Notamment le fait qu'un Dollar bas aide les US à lutter contre la récession par l'export.
Cependant, cette stratégie US commence à montrer ses limites dans la mesure où la faiblesse du Dollar fait monter les cours du pétrole et des matières premières (comme si elles avaient besoin de ça) et par contre coup implique une montée de l'inflation aux US.
La divergence observée a donc été comblée sur le très court terme. et notre Christine Lagarde nationale a indiqué que les Marchés n'avaient pas bien compris le message du G7.
Jouer cette divergence comportait une part énorme de risque dans la mesure où l'appréciation des commentaires du G7 aurient pu envoyer le Dollar beaucoup plus haut.
Le trading requiert de la patience. Des opportunités dont on ne tire pas profit sont légions. Cela ne doit pas nous empêcher de conserver le même niveau d'éxigence vis à vis de l'approche risque n'écessaire à un trading efficace.
A 14:30 nous aurons le PPI (prix à la prod). Nous avons vu précédemment que l'inflation commencait à être un problème supplémentaire pour les US. Le PPI est attendu à 0.6 contre 0.3 le mois dernier. Ex food et énergie (Core PPI) on attend 0.2 contre 0.5 le mois dernier.
A 14:30 nous aurons l'index Empire FED Mfg. Cet index reflète les condition du manufacturing dans la région de New York. Il est attendu à -17.0 contre -22.0 le mois dernier.
A 15:00 nous aurons les TIC. Cela donne le niveau d'intérêt (en terme d'investissement) par les pays étrangers. Les US ont plus que jamais besoin d'investisseurs étrangers (ne serait-ce que pour augmenter les capitaux des banques en difficulté). Cette news, considérée habituellement comme anodine pourrait avoir un fort effet sur les Marchés aujourd'hui.
A 19:00 nous aurons l'index NAHB qui donne un apercu de l'état du Marché immobilier. Il est attendu à 20 contre 20 le mois dernier.
Enfin, après clôture, nous aurons la publication des résultats d'Intel. Intel est une grosse société qui fait souvent bouger les Marchés.
Le marché baissait tout à l'heure suite à l'augmentation forte des défauts de paiement des emprunts.
Pour l'instant les Marchés US montent un peu suite aux résultats de State Street (management de fonds pour institutions) et de Région Financial Corp (plus grosse banque d'Alabama). Ces deux sociétés ont publié des résultats dans le plus haut des estimations des analystes.