Je suis arrivé sur les marchés financiers en 1992. En fait, j’ai
passé mes premiers ordres de Bourse à l’âge de 14 ans en 1988. Mais
il m’a fallu quatre années supplémentaires pour m’y mettre à fond.
Dès 1994, après deux ans de modélisation intense sur le CAC 40,
j’ai constaté un fait bizarre. Le titre AIR LIQUIDE avait un
comportement inhabituel. Son déplacement dans le temps et dans les
prix était contracté en comparaison de nombreuses autres valeurs ou
des indices boursiers.
Par manque de recul, j’ai accepté l’idée largement répandue des
statistiques et de l’optimisation, à savoir qu’il existe des
phénomènes de hasard qui durent le temps de leur apparition et qui
disparaissent ensuite.
En clair, si une stratégie boursière ne fonctionne pas sur
l’ensemble des supports, c’est qu’elle est mauvaise et optimisée. Si
elle gagne depuis quelques années, toutes les probabilités sur un
plan théorique sont présentes pour que les performances se déréglent
et entraînent des pertes à l’avenir.
En acceptant cette idée de théoricien, j’ai renoncé à ce que mon
intuition me sussurait dans le creu de ma cervelle, à savoir que les humains
ont une peur bleue de l’absurde, que les marchés financiers ne sont qu’un
lieu d’échange entre humains qui s’affrontent dans le cadre d’un jeu
pratiquement à somme nulle (si on enlève les dividendes et la faible
création de valeur des actions quand on la déflate) et qu’enfin, la logique
paradoxale devait être prise en compte justement parce que les joueurs
interviennent les uns EN FONCTION des autres et non par rapport à un
référentiel absolu.
J’ai donc mis à la poubelle la piste AIR LIQUIDE. .
Samuel Rondot qui me fréquente depuis 1995, sait pourtant combien
de longue date, cette valeur me travaille… elle me laboure le crâne
en souterrain…
En 2005, soit onze ans plus tard, j’ai rouvert le dossier. Juste pour
m’amuser et j’ai créé de nombreuses stratégies gagnantes à partir de la
logique AIR LIQUIDE. Seulement, les matheux m’ont encore convaincu de leurs
concepts théoriques… et j’ai rerangé mes jouets dans leur placard.
Aujourd’hui, en 2008, je dis : MERDE à la théorie des matheux ! Place à
la pratique et à la réalité !
Je constate depuis 16 ans que de nombreux modèles statistiques orthodoxes
deviennent rapidement obsolètes et perdent de l’argent après en avoir gagné
dans les backtests.
Et je constate que des modèles non orthodoxes sur un plan théorique
fonctionnent correctement depuis quinze ans, voire vingt ans, alors qu’ils
ne sont pas conformes. .
Je vais formuler cela plus clairement encore : les stratégies
censées avoir toutes les probabilités de continuer à gagner, perdent
dans leur très grande majorité dès qu’elles sont confrontées au
réel. Et certaines stratégies censées devoir perdre un jour ou
l’autre se révèlent capables de gagner pendant quinze ans avec
régularité et stabilité !
Je pose la question aujourd’hui : qui a raison, qui a tort ?
Finalement, à quoi cela sert il de développer des approches
classiques, alors que des approches paradoxales peuvent se révèler
tout aussi performantes ? Peut être que finalement, toutes les
stratégies conventionnelles et non conventionnelles ont la même
probabilité de gagner et perdre ?
Sincèrement, avec mes 16 années de recul aujourd’hui, je suis
devenu beaucoup plus souple que les théoriciens. Je finis par me
demander si les matheux avec leur concept d’optimisation n’ont pas
tout faux. Un phénomène anormal qui DURE 15 ans, c’est LONG ! S’il
faut attendre 25 ans avant que l’optimisation soit naturellement
corrigée par les marchés financiers, NON MERCI ! Sans moi !
J’ai donc dérivé l’application de AIR LIQUIDE sur des valeurs aux
comportements proches.
Depuis 2005, mon petit portefeuille qui tourne sur quatre
valeurs du CAC 40 obtient des résultats absurdes… car largement
positifs…
Les backtests depuis le premier janvier 1988 ont de quoi faire
saliver même si je dois bien convenir que la période 1988 / 1991
n’est pas bonne, surtout à cause de PERNOD RICARD. Mais depuis 1991,
quel festival pour un truc censé être optimisé et appelé à perdre
quelques années plus tard !
Mon approche paradoxale est une technique d’une simplicité à
toute épreuve. Elle joue uniquement sur les cours de clôture. Ce qui
est très commode sur un plan pratique pour tous les boursicoteurs
qui travaillent. Elle est composée d’un seul indicateur. Vous avez
bien lu : UN SEUL INDICATEUR que tout le monde connaît.
Cet indicateur est paramétré à partir d’une SEULE DUREE, que ce
soit pour les signaux d’achat, de revente, de short et de rachat. Et
il n’y a rien d’autres. Pas de gestion de stop, de capital, pas de
filtre de tendance, ni de quoique ce soit de subtil ou de technique.
RIEN !
La seule caractéristique, la plus marrante si on réfléchit, c’est
que je fais l’inverse de la théorie. Tout le monde utilise cet
indicateur d’une certaine manière… J’achète en gros quand les gens
ont le sentiment qu’il faut vendre ! Si on extrapole, finalement,
mon APPROCHE PARADOXALE fait également l’inverse de la théorie de
l’optimisation en considérant que certaines actions ne ressemblent
pas à d’autres sur le long terme, alors que normalement, les «
bonnes » stratégies doivent gagner invariablement sur tous les
supports. C’est donc basique et cela marche depuis dix sept ans que
je regarde au quotidien les marchés.
Je vous laisse seul juge de la situation...
Ah si, dernier point, pourquoi est-ce que je publie si c’était
vraiment efficace ? Car tout le monde sait qu’une bonne stratégie se
garde pour soi ?
Ma réponse : il y a bien longtemps que j’ai arrêté le
trading overnight sur actions. La dernière fois doit remonter à
2001. Je ne fais que du day trading sur FOREX depuis 2006. Je n’ai
donc aucune application personnelle.
Un deuxième dernier point, les modélisations intègrent elles les frais de
courtages ?
Ma réponse : non, car cette stratégie intervient
uniquement sur des cours de clôture. Les CFD offrent la possibilité
de mettre en œuvre ce genre d’approche, sans avoir de frais de
courtages à payer autre que le spread. Or, un achat en clôture est
quelque chose d’hasardeux. Le slippage est par nature élevé, mais
s’équilibre sur le moyen terme. Donc l’impact du spread des CDF est
faible.
Troisième dernière question… : il est facile d’optimiser avec les
logiciels des backtests gagnants. Ca ne vaut rien.
Ma réponse : j’ai publié sur Edouard Valys éditions un avis. Toute
personne ayant mis au point des backtests peut les publier chez nous.
Curieusement, personne n’a encore pris contact avec nous sur les actions.
Est-ce vraiment si facile et si courant ? Sur un an ou deux oui, mais depuis
janvier 1988, le jeu semble moins abordable...